• Cette biographie publiée en 2018 vient d'être réédité  chez Allen Lane du groupe Penguin Books  et a fait l'objet d'une traduction de Marie-Anne De Beru parue en aout 2019 aux édition du Seuil.

    Je n'ai  jamais fait partie des inconditionnels du Général, de même que je n'ai jamais adhéré à quelque partis politiques, syndicats. Le culte de la personalité est une chose qui me révulse; je refuse à quiconque le droit de me dicter ou croire pouvoir influencer mon comportement dans quelque domaine de que ce soit. Je juge les individus sur leurs actes et ma seule règle de vie est le refus de la compromission sous toutes ses formes. Je hais les procès d'intention.

    Ce préambule pour dire dans quel état d'esprit j'ai lu cet ouvrage dans sa version anglaise. Oui je sais pour certains c'est du snobisme, pour moi c'est tout simplement respecter l'auteur s'exprimant dans une langue quel-qu’elle soit qu'une traduction qu'on le veuille ou, si soignée soit elle, dénaturera qu'on le veuille ou non. Je me suis opposé farouchement à mon dernier prof de théâtre, Francine Walter sur cette idée que l'on pouvait parfaitement rendre le style de Shakespeare en Français. Non, cent fois non, on ne peut pas rendre en Français, la rythmique, la sonorité, le timbre de la langue du XVIe siècle anglais dans la langue française pas plus que rendre la notre en traduisant en anglais, Corneille, Racine ou Molière.

    Julian Jackson signe avec cette nouvelle biographie un monument de 777 pages dans son édition originale.

    Tout au long de sa lecture, j'ai éprouvé à de nombreux moments des périodes de profond agacement du fait d'une certaine tendance qu'à l'auteur à adopter un ton de dérision pour certains actes, certaines déclarations de l'homme du 18 Juin.  Je l'ai trouvé à de nombreuses reprises manquant d'objectivité sans doute du fait de ses origines britanniques; mais dans le fond est-il possible d'écrire une biographie sans y mettre un peu de ses convictions personnelles?

    C'est en fin de compte en arrivant au dernier chapitre que j'ai réellement apprécié le tour de force d'une telle entreprise qui en particulier utilise de nombreux documents jusqu'ici gardés secrets pour diverses raisons.

    Pour moi De Gaulle n'a jamais été considéré comme un tyran, dictateur, fasciste, pour ne citer que certains des vocables utilisés par ses opposants dont certains poursuivent encore son dénigrement systématique, telle ce titre de l'article de  Ferdinand Mount. sur le site Books: "De Gaulle fourbe, cynique et rétrograde".

    Il est difficile d'être d'une plus grande mauvaise foi.

    Que De Gaulle est commis des erreurs, ait été par moment un provocateur (cf. sa sortie au Quebec), qui n'en commet pas. Il fut en tout cas un visionnaire que cela plaise ou non, il a prévu la débâcle de 1940, la chute du bloc soviétique et bien d'autres événements majeurs du XXe siècle. Qui dit mieux? 

    Tout ceci est remarquablement développé  et mis en perspective, dans cette remarquable biographie qui pèse son poids tant en kgs (1.5kgs) que surtout en qualité et devrait être lue par chacun des français pour remettre en perspective certaines admirations injustifiées et injustifiables de ces successeurs depuis l'avènement de Pompidou en 1969. J'ai rarement été pris, réagis verbalement dans la solitude de mon appartement, depuis ma lecture du livre de William Shirer sur le IIIe Reich paru en 1964.

    Prévoir un lutrin ou équivalent pour la lecture. Seul effet négatif en ce qui me concerne, un joli hématome au bras gauche, mais anticoagulant oblige!

    On ne pouvait pas rendre un meilleur hommage à cette figure quasi unique de notre histoire que cette phrase que je traduis maladroitement et qui conclu le dernier chapitre du livre:

    "...Maintenant que les rancœurs des soutiens de Vichy sont depuis longtemps tombées dans l'oublie, il ne saurait être un seul citoyen français qui ne puisse reconnaître la vérité de l'affirmation de Jacque Maritain [citée plus haut dans l'avant dernier paragraphe du livre] et qui ne saurait être à bon droit plus fier de son pays du fait du résultat que De Gaulle réalisât entre 1940 et 1944.Il sauva lhonneur de la France."

    Prévoir un lutrin ou équivalent pour la lecture. Seul effet négatif en ce qui me concerne, un joli hématome au bras gauche, mais anticoagulant oblige!


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  • Yeshua Sverdlov héros de la légion étrangère, homme d'influence, ambassadeur de France grand séducteur, surnommé le manchot magnifique est une légende oubliée du XXe siècle. Il est aussi "... un morceau de mon coeur entrelacé au tien..." selon les termes employés par Gorki dans une de ses correspondances. Né à Nijni-Vodgorod, frère aîné du révolutionnaire et homme politique russe Iakov Sverdlov que l'on soupçonne d'avoir organisé et participé à l'assassinat de la famille Romanov, c'est en trainant sur les bords de la Volga qu'adolescent il rencontrera le grand auteur Russe et qu'une amitié naitra entre les deux hommes.

    Guillemette de Sairigné vient de consacrer à Sverdlov qui prit le nom de Zenovi Pechkoff une biographie parue aux Editions Allary. Elle est d'autant plus concernée par la vie de cet extraordinaire figure du début du XXe siècle que son père Gabriel de Sairigné, héros de Narvik et de Bir Hakeim, Compagnon de la Libération, mort au champ d’honneur en Indochine à 35 ans à la tête de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère quand elle n’avait que quelques mois, fut l'ami de Pechkoff.

    Gorki est âgé de 28 ans alors qu'il rencontre Pechkoff .Pechkoff adopte l’idéalisme et la foi dans le progrès social de son ami, lequel partage résolument l’existence des humbles, matière respectée et célébrée de son œuvre. Gorki organise des réunions, promeut ses idées un peu partout en Russie avec une énergie peu commune. Sorte de secrétaire, « homme à tout faire », Zinovi lui apporte un soutien aussi fervent qu’efficace. Il partage les arrestations, les emprisonnements décrétés par un régime d’autant plus hostile que Gorki est alors au début d’un immense succès dans et hors de Russie, succès qui s’appuie sur une critique radicale de l’autocratie. Sous la férule de son mentor, le jeune homme, peut-être sur le conseil de Stanislavski, s'essaie à Moscou au théâtre, à l’écriture. Il collectionne aussi les conquêtes féminines, s’ouvre au monde. Il quittera la Russie pour ne pas être enrôlé dans la guerre Russo Japonaise, c'est le début de séjours plus ou moins longs à l'étranger; en 1914 il réussit à se faire engager dans la Légion Etrangère et partira sur le front où blessé il devra être amputé de son bras droit. Il serait trop long de poursuivre ici l'extraordinaire histoire de cet homme hors du commun qui finira général, sera admiré par le Général de Gaulle qu'il rejoindra dans la France Libre pendant la seconde guerre mondiale.

    La biographie se lit comme un roman d'aventures, remarquablement écrite dans un style sans fioritures ou effets souvent propres aux universitaires et chercheurs historiens. Pas loin de 600 pages qui doivent compléter un autre livre de l'auteur "Mon illustre inconnu.Enquête sur un père de légende" paru en 1998 chez Fayard.


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  • Amazing Grace est un film Anglo-Américain retraçant le combat de 25 ans que mena le membre de la chambre des communes William Wilberforce pour faire voter la loi abolissant l'esclavage en Grande Bretagne dans ses colonies et ce malgré la farouche et déterminée opposition du parti conservateur de l'époque. Il fut soutenu en cela entre autres par le premier ministre William Pitt et par John Newton qui décidât en 1748 d'abandonner son métier de négrier et composa un hymne "Amazing grace" à la suite de la tempête où il faillit périr.

    Le film est servi par une distribution de premier plan.:

    Ioan Gruffudd : William Wilberforce

    Romola Garai : Barbara Spooner

    Benedict Cumberbatch : William Pitt le Jeune

    Albert Finney : John Newton

    Michael Gambon : Charles James Fox

    Rufus Sewell : Thomas Clarkson

    Youssou N'Dour : Olaudah Equiano

    Ciarán Hinds : Banastre Tarleton

    Toby Jones : William, Duc de Clarence

    Nicholas Farrell : Henry Thornton...et bien d'autres.

    Superbement mis en scène et photographié, sorti au Canada en septembre 2006, le film n'a à ce jour semble-t-il jamais été présenté au public français sinon par l'intermédiaire du dvd pour ceux qui l'ont acquis ou vu sur youtube.

    Voilà la démonstration flagrante de l’ineptie et du vide culturel de notre pays, on préfère les âneries de monsieur Duboscq ou les élucubrations sentimentalo-sexuelo psychanalytiques de petits réalisateurs de gauche sans le moindre talent, sinon on s'extasie pendant des heures devant les nieme Star Wars ou Star Trek et autres films à effets spéciaux d'un vide absolu! On s'étrangle de rire devant les âneries de monsieur Ruquier à la télévision ou on reste rivé devant les soit disant débats des chaines dites d'informations telles BFM-TV, TF1, et autres Cnews.

    A la vue eu ce film on se met à rêver de voir la planète dotée à nouveau d'hommes de la trempe des Wilberforce et non les nullités absolues qui encombrent les présidences et parlements français, britanniques et américains actuels, pour ne citer que les plus en vue, qui nous mènent tout droit aux désastres, culturel, économique,financier et social.

    Un film à voir et à revoir, surtout à montrer à cette jeunesse rivée à ses smartphones!


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  • Quelle déception!

    Voilà un livre qui aurait pu par son contenu être vivant et nous replonger dans une des périodes les plus sombres de notre pays, faisant prendre conscience aux lecteurs en particulier la jeunesse insouciante et hyper gâtée actuelle ayant eu la chance de ne pas vivre pareil calvaire, de ce que furent ces 5 années tragiques.

    L'auteur au lieu de nous tracer un tableau de ces cinq années, s'embarque dans une analyse socio politique lourde, truffée de statistiques dont on peut se demander la réelle validité, le tout à de nombreuses reprises tendant à minimiser le scandaleux comportement des collaborateurs, du pouvoir de Vichy et de son maître infâme, d'individus ignobles comme Bousquet ou Laval sans parler de la duplicité et de la compétence en matière de retournement de veste d'un certain Mitterrand! l faut avoir un sacré toupet pour prétendre que le régime de Vichy était légal quand il résultat d'un vote d'une assemblée dont certains des députés avaient été empêché quasi manu militari de rentrer en France, de Casablanca où ils s'étaient rendus pensant que les institutions du pays viendraient s'y réfugier comme le firent les Polonais par exemple à Londres. Sans parler de la demande du député de l'Hérault, Vincent Badie, qui a échoué à présenter la motion des 27 parlementaires officiellement opposés au projet de Laval. Le président de l'Assemblée, Jules Jeanneney, sénateur ne lui a pas accordé la parole tandis que les huissiers l'ont empêché d'accéder à la tribune. C'est ça la légalité parlementaire aux yeux de Monsieur Jackson! 

    Le seul élément qui ressort de façon claire et que Daniel Cordier dans ses mémoires commentées ici avait mis en parfaite lumière, est l'ambition démesurée et qui n'aurait jamais dû avoir sa place de la part des différents dirigeants des mouvements  de résistance, tels les Frenay et autres. Jean Moulin le malheureux, eu bien du mal à tenter de calmer ce véritable panier de crabes. Du courage, de la détermination, des actes de bravoures des jeunes et moins jeunes résistants sur la terrain, il n'en est pratiquement jamais question!

    S'ajoute à cela pour rendre la lecture de ce pavé de près de 700 pages de l'édition Oxford britannique plus pénible, une typographie telle que l'on en attrape des mots de tête au bout de cinq minutes.

    En une phrase: Un livre à fuir!


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  • Nous ne sommes pas naïfs et savons tous que de nombreux individus plus ou moins au passé reluisant, pour ne pas dire d'organisations font métier de vendre des armes pour aider les nations à s'entre-tuer et assouvir leurs aigreurs, ou volonté expansionniste tant économique que territoriale ou idéologique. Citer des noms n'est pas politiquement correct mais chacun connait pertinemment les noms des marchands d'armes ayant plus ou moins pignons sur rue dans ce sinistre métier.

    L'auteur de ce nouvel ouvrage paru chez Taillandier cette année nous dévoile autant que ses sources le permettent, l'histoire plus ou moins rocambolesque de celui qui fut dès la fin du dernier tiers du XIXe siècle et ce jusqu'en 1930 environ le plus grand marchand d'armes au monde.

    Dans un style fluide et souvent moqueur et sarcastique l'auteur nous conte les péripéties de cet homme aux multiples patronymes, financier de haute volée, fort bien fait de sa personne, charmeur et séducteur tout autant de femmes que d'hommes politiques ou magnats de la finance et de l'industrie.

    Il fut pratiquement jusqu'à la fin de sa vie l'agent puis membres du conseil d'administration de la grande firme d'armement britannique, Vickers. On retrouve son nom tout au long du premier conflit mondial en particulier dans l'affaire des Dardanelles qui coutât la vie à de nombreux britanniques et français.

    Ses origines restent à ce jour mystérieuses, l'homme sachant parfaitement cacher son passé de jeune homme loin d'être celui d'un enfant de chœur.

    C es 260 pages se lisent pratiquement d'un trait comme un véritable roman policier aux allures souvent surréalistes. N'alla-t-il pas jusqu'à envisager d'acheter la principauté de Monaco comme cadeau à son amour de près de trente année en la personne de  Maria del Pilar ANtonia ANgela Patrocino Simona de Muguirtoy Beruete épouse légitime de Francisco Maria de Borbon-Braganza y Borbon, Duc de Marchena! Ouf!

    Basil attendra patiemment et discrètement la mort du duc pour finir par épouser la duchess qui hélas, décédera un an et demi après au désespoir de notre armurier!

    Lisez ce livre qui fera sans doute de vous un lecteur cynique car on ne peut s'empêcher d'exploser de rire devant les tours de passe passe et le génie de financier et de négociateur, maestro toutes catégories confondues en matière de bakchichs! N'alla-t-il pas jusqu'à se faire l'ami de Clémenceau avec qui il fut en tractations pendant la guerre de 1914-1918!


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