• Le comportement des individus et des Français en cette sinistre période me révolte. Certains de mes lecteurs pourront se sentir visés, peu m'importe, les faits sont là et inacceptables.

    Ce sont tous ceux qui gémissent, font toute une histoire alors qu'ils n'ont plus de contraintes professionnelles comme moi, de ne pas pouvoir partir en vacances du fait des restrictions apportées à la distance autorisée en matière de déplacement.

    La grande affaire! Ils ne vont pas aller se bronzer sur les plages ou faire du tourisme. Qu'ils pensent un peu à ceux pour qui la bronzette aujourd'hui s'appelle, quatre planches ou la poussière! Encore au moins les pauvres, ils ne souffrent plus, mais quid de ses enfants qui ont perdu un ou deux parents et sont désormais orphelins? Ont-ils des proches pour les soutenir? Sauront-ils quand ils sont petits ce que c'est d'avoir une histoire le soir en allant se coucher, de sentir le contact tendre de la caresse d'une maman ou d'un papa? Pouvoir faire des études pour pouvoir affronter la vie le moins mal possible? Quid de ceux qui ont perdu un ou une fiancée voire compagnon ou compagne et dont la vie s'est effondrée par la faute du comportement totalement irresponsable de ceux qui nous dirigent depuis des décennies ou par celles de ceux et celles qui s'agglutinent au Champ de Mars sans respecter les règles élémentaires de distanciation physique et le port qui devrait être obligatoire du masque enfin disponible.

    Hier sur LCI lors d'un de ces multiples débats souvent stériles, animés par des journalistes qui font dans le star system, ne laissent souvent pas leurs interlocuteurs terminer leur phrase, était abordé  le sujet des plaintes au pénal déposées à l'encontre de certains de nos gouvernants et le problème de la propension des gens à refuser certains traitements dont les vaccins.

    Un avocat interrogé, s'indignait contre le dépôt de ces plaintes disant que les plaintes ne devaient pas avoir de conséquences pénales en cas de condamnation. En un mot il n'y avait pas intention de nuire, comme le serait celui de ne pas porter secours à une personne au bord de la route entrain de perdre tout son sang.

    De plus en plus on veut, dans les milieux politiques, s'exonérer de toutes responsabilités.  Or les faits sont bel et bien là. Depuis des décennies les scientifiques mettent en garde les populations du globe contre les risques de mutations de virus contre lesquels nous n'avons à ce jour aucun moyen de défense. Depuis décembre 2019 nous sommes informés directement ou indirectement de l'épidémie amorcée en Chine et qui pouvait bien s'étendre à d'autres pays en rapport avec ce pays qui on le sait parfaitement, a l'art en pays totalitaire, de cacher la vérité non seulement à ses citoyens mais surtout aux autres nations.

    On fait comme si les virus s'arrêtaient aux frontières en l'absence de visa. On sait qu'aujourd'hui avec la facilité avec laquelle  on peut voyager, on a là un vecteur de dissémination de maladies évident et qui peut prendre une ampleur sans précédent. On oublie qu'il y a un siècle la Grippe Espagnole a fait des ravages, limitées néanmoins du fait de la difficulté à se déplacer sur une longue distance, et pourtant les morts se sont dénombrés en centaines de milliers.

    Qu'ont attendu ces messieurs assoiffés de pouvoir, pour constater ou arrêter l'effondrement du stock de masques disponible en cas de catastrophe sanitaire. Qu'attendait depuis Janvier, l'équipe au pouvoir pour tenter de les reconstituer et immédiatement trouver des moyens de substitution aux approvisionnements en provenance de Chine qui évidemment se tariraient car elle commencerait par les garder pour elle-même et sa population. Le "c'est pas de ma faute, c'est la faute de l'autre" est la tarte à la crème de ces parasites qui ne pensent qu'à leurs avantages colossaux et se fichent bien de ceux qui les ont élus, en dépit de leurs grandes phrases. En bons fonctionnaires qu'ils sont, ils se sont exonérés de toutes responsabilités et si d'aventure  il y avait une faille dans ce système, ils s'empressent de le combler.

    On nous parle de commissions d'enquêtes des assemblées et des poursuites pouvant en résulter! Allons-donc! Que deviennent les poursuites contre le ou les responsables de la "tempête dans un verre d'eau" signée Benalla et consorts? Combien de temps mettra-t-on pour présenter devant un tribunal quelqu'un qui a commis un parjure, une affaire qui semble avoir porté atteinte à la sécurité de l'Etat par les découvertes faites en démêlant l'écheveau des relations de l'intéressé? Il ne s'agit pas de condamner à priori mais de faire toute la lumière sur cette affaire en public et non dans le vase clos d'une autorité judiciaire qui pourrait être soumise à des pressions indirectes du pouvoir, cessons de jouer les naïfs. On sait parfaitement faire jouer la raison d'Etat dans l'ensemble des gouvernements régissant la planète.

    Quant à l'attitude de plus en plus critique des instances et des méthodes médicales, à qui la faute? Quel médecin a-t-il vraiment le courage de dire vertement à son patient qu'il n'a pas les connaissances pour juger du traitement proposé? Quel médecin ose vraiment dire à son patien, "je ne sais pas ce que vous avez, revenez me voir à la première alerte."? Ce n'est pas politiquement correct.

    De plus en plus de gens se prennent pour des spécialistes des questions médicales; au départ jusqu'à l'arrivée d'internet, ils consultaient des dictionnaires médicaux, le Vidal  et les éditeurs exploitaient le filon. Aujourd'hui c'est via Google ou autres support de recherches, ce sont ces maudits réseaux sociaux qui n'ont de sociaux que le nom, c'est YouTube où rien n'est fait pour endiguer le flot croissant de fake news, démonstrations sans le moindre fondement scientifique de comportements à avoir contre entre autres les vaccins. Pire les soit disant écologistes s'en mêlent et donc la politique vient mettre son grain de sel sans la moindre compétence en la matière. Mon fils m’assomme avec ces conseils médicaux sortis de sites internet avec un ton doctoral.

    C'est aussi la faute de nombre de médecins qui n'osent pas dire ouvertement à leur patient la vérité sur les risques qu'ils prennent à ne pas suivre à la lettre les recommandations voire pire les prescriptions.

    Un exemple surement parmi d'autres que j'ai vécu lors de mon hospitalisation à la suite de mon infarctus en 2017.

    J'ai été remarquablement soigné à la Salpêtrière et voue à l'ensemble du corps médical et soignants de tous les niveaux, une reconnaissance sans faille, y compris aux équipes du SAMU intervenues en un temps record. Cependant il fallait voir les précautions sémantiques de l'interne venu m'expliquer que je devrai porter un pacemaker. On devait me mettre d'abord un engin externe, le temps de recevoir le définitif, ça ne laissera pas de traces me dit-il! La belle affaire si dans l'immédiat une cicatrice empêchera un quatrième arrêt cardiaque! Mes infirmières étaient écroulées de rire lorsque partant au bloc après une séance de préparation pré-opératoire qui avait tourné aux propos de salles de gardes avec les adorables infirmiers en charge, je lançais dans le couloir à l'adresse de l'une d'elle, parodiant une scène du Dindon de Feydeau:" Morgane, au secours , des hommes après moi!" Quinze jours plutôt mon pronostic vital était proche de zéro.

    Second exemple: à la clinique Bizet où je faisais ma réadaptation cardiaque, nous étions réunis dans notre salle de repos attendant notre tour pour notre séance de cardio-training et la conversation tournait autour des aventures de chacun des dernières semaines. Une dame, la jeune soixantaine, victime d'une embolie pulmonaire, sortie indemne grâce aux soins du corps médical, nous avouait qu'elle fumait jusque là 8 paquets de cigarettes par 24h!!!! Elle s'est bien gardée de nous donner la recette d'une telle productivité tabagiste. Néanmoins sur les conseils du médecin lui disant d'arrêter toute utilisation de cette drogue, elle décida dit-elle de se limiter désormais à 4 paquets par 24 heures. Mais pour un second élément du traitement, elle était déterminée à ne pas le suivre: la pause d'un pace-maker pour contrôler ses risques d'arythmie pouvant avoir des conséquences fatales; la raison? "Enfin je ne vais tout de même pas abîmer mes seins"!!!!

    Méchamment, exaspéré par tant d'irresponsabilité quand bien même notre vie nous appartient et on en fait ce que l'on veut, je lui lançais:

    "Je ne savais pas que vous aviez vos seins au niveau de vos clavicules; en général passé un certain âge ils auraient plutôt tendance à passer au dessous de la ceinture"! Inutile de dire le fou rire des autres participants et le regard furieux de la "jeune femme"!

    Nos chercheurs, nos médecins, les soignants à tous les niveaux, passent des années, dépenses des millions pour nous fournir des moyens d'éviter le pire, et voilà que des individus après avoir profité gratuitement de leur travail et savoir faire, nous ne sommes pas aux USA où une appendicite coûte la peau des fesses, se permettent de rechigner voire de refuser un traitement qui viendra conforter des semaines de lutte contre leur maladie.

    On critique les vaccins? Un certain professeur est allé jusqu'à dire qu'ils ne servaient à rien? Quid de celui de la variole qui a sauvé des millions de personnes de cette maladie mortelle il n'y a pas encore si longtemps, celui de la polio, celui contre la tuberculose et bien d'autres?

    Jusqu'où va aller ce comportement irresponsable. La vie est plus importante que d'aller à la plage ou faire de la rando quand bien même il n'y aurait qu'une personne, car elle pourrait bien déclencher l'arrivée de la seconde vague. Ce n'est surement pas quinze jours à peine après le début du dé-confinement que l'on peut dire qu'il n'y a plus de danger et encore moins quand on voit comment se comporte en ce moment les irresponsables du champ de Mars et des plages de Carnac.

    Ceux qui ne respectent pas ces règles sont des criminels, ces gouvernants qui passent leur temps à mentir, à caresser dans le sens du poil leurs électeurs, de peur de perdre leur vote et de retrouver tous les 5 ans leurs chers avantages en  pièces sonnantes et trébuchantes ou en nature, le sont aussi; le port du masque devrait être obligatoire, l'élection municipale secondaire quand on n'a pas la certitude de pouvoir éviter une contamination, une aberration, la démocratie n'a rien à faire la dedans. 

    De même pour redresser l'économie du pays face à une crise sans précédent dont on est loin d'imaginer ce qu'en sera l'ampleur, on doit s'asseoir sur les 35h, les RTT, les 4 à 6 semaines de vacances, sans compter les viaducs et aqueducs, grande spécialité française n'en déplaise aux irresponsables des syndicats plus enclins eux aussi à faire dans le populisme par leurs déclarations qu'à avoir une vision  constructive et responsable des problèmes économiques et financiers.

    Certain sur mon blog dit que j'éructe, oui je me révolte car j'aimerai bien avoir la santé à 78 ans pour apporter aussi minime soit-il, un peu de mon savoir faire à un pays qui va tout droit dans le décor.

    Pour moi en tous cas, pas de dé-confinement depuis deux mois et au moins pour encore quelques autres. Non seulement je me protège, port du masque pour protéger autrui, gants en latex, quand je sors exclusivement pour aller renouveler mon stock mensuel de médicaments me protégeant autant que faire ce peu d'une rechute qui a de fortes chances d'être fatale, le reste sur le net. Je n'en meurs pas. Je communique avec mes amis, ma famille par internet ou téléphone, nous ne sommes plus au temps où on obtenait une ligne téléphonique au bout de deux ou trois ans voire un peu moins quand exerçait une profession prioritaire comme la médecine.Et puis profitons d'internet pour apprendre, découvrir de nouvelles activités. Nous dépensons bien souvent de l'argent à tort et à travers.

    C'est vrai qu'il y a des situations dramatiques en particulier en terme de logements insalubres, surpeuplés mais par la faute de qui. Sur l'une des places de la Défense, il y a des logements sociaux loués à des Présidents de sociétés! Les pauvres! Ils sont des économiquement faibles! C'est cette société de HLM qui fait occuper par des bureaux l'immeuble construit récemment au coin de ma rue dans le XXe! Mais c'est aussi l'hypocrisie bien française qui ne veut pas comprendre qu'en période de crise économique, on doit freiner l'entrée de son territoire à de nouveaux arrivants souvent plus intéressés par notre couverture sociale que par le désir réel de s'intégrer dans notre population. Comment peut-on donner le droit d'asile ou autre à quelqu'un pour qui l'on sait par avance, qu'il ne trouvera pas d'emploi dans un pays au taux de chômage largement truqué et sous évalué, pas de logement décent à un coût abordable, ou/et qui est déterminé à imposer ses coutumes à son pays d'acueil au lieu de s'intégrer en s'adaptant à celles de son lieu de résidence.

    Avoir un nouveau regard sur la vie, dit-on en résultante de la pandémie qu'on traverse? On n'est pas sorti de l'auberge, on ne fait qu'y rentrer.


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  • Vous connaissez le Tchât. Vous ne le connaissez pas? Ah parce que vous n'êtes pas affilié au club Hidalgo? Dans ce cas vous êtes tout à fait "out" culturellement parlant.

    Le Tchât c'est ce théâtre qui se trouve place du Châtelet qui autrefois s'appelait Théâtre du Châtelet, scène plus que célèbre de Paris inaugurée en 1862 et qui affichât au début du xxe siècle, opérettes, ballets,  concerts de musique classique et populaire, et même, pour un temps, à des projections cinématographiques. Enfin il s'appelle toujours Châtelet, simplement pour faire plus "citoyen" son magazine s'appelle "Tchât".

    En 1907, le théâtre possède 3 600 places. M. Fontaines en est le directeur, Georges Bégusseau le secrétaire-général et Henri Prévost le directeur de la scène. Le prix des places va de 72 francs (loges à salon) à 1 franc (troisième amphithéâtre). Les loges sont reliées au buffet par des sonneries électriques.

    La danse tient au xxe siècle une place particulière dans la programmation : le Châtelet accueille des compagnies internationales comme les Ballets russes de Sergei Diaghilev en 1909, avec notamment les danseurs Vaslav Nijinski, Anna Pavlova, Tamara Karsavina, Michel Fokine du ballet du théâtre Mariinsky. Il a vu la création le 22 mai 1911 du Martyre de saint Sébastien de Claude Debussy et Gabriele D'Annunzio (écrit pour Ida Rubinstein), de Petrouchka de Stravinsky le 3 juin 1911, La Péri de Paul Dukas le 22 avril 1912, L'Après-midi d'un faune de Nijinski (sur la musique de Debussy) le 29 mai 1912, celle de Daphnis et Chloé de Ravel le 8 juin 1912 ou encore celle de Parade de Satie et Cocteau le 18 mai 1917....(source Wikipédia).

    Au pupitre, le théâtre accueille de nombreux compositeurs et chefs d'orchestre étrangers, comme Tchaïkovski, Mahler et Richard Strauss.

    La direction pendant 11 ans de Jean-Luc Choplin a permis enfin de montrer aux Français n'ayant pas la chance de pouvoir se rendre à New York pour y applaudir les grandes comédies musicales de Broadway, et de leur faire comprendre ce qui s'appelle un travail de pro en opposition totale avec l'amateurisme de spectacles de patronage que certains ont le toupet de mettre en scène en France dans ce genre,  et tout particulièrement à Paris sans parler de cette monstruosité où l'on a l'arrogance de traduire les chansons ou de donner le texte parlé en français et les chansons en VO. On doit à Choplin des productions phares d'opéras ou d'opérettes entre autres des chefs d'oeuvre d'Offenbach dans des mises en scène hors pair signés Laurent Pelly alors que l'Opéra de Paris les considère comme en dessous de son talent ou qu'il massacre par des relectures sans queue ni tête.

    Les travaux décidés par le ville de Paris coïncidèrent à la fin du mandat  de Choplin (???). La nouvelle direction à l'évidence a décidé de faire dans le populaire et le nom donné au magazine que je viens de recevoir en dit long sur l'adoption du mauvais gout de Mme Hidalgo qui tient une partie des cordons de la bourse puisque le théâtre appartient à la ville de Paris. On se gargarise comme toujours au niveau des instances étatiques et locales en déclinant à qui mieux mieux le mot "Citoyen", c'est du dernier chic quand on bénéficie d'avantages exorbitants  coûtant une fortune au contribuable et qui ne risquent guère d'être diminués avec la crise économique sans précédent qui nous attend dans les semaines et les mois qui viennent. On donne comme titre à un article que le théâtre est "La fabrique citoyenne artistique", on "propose aux citoyens du grand Paris...", "on convoque les artistes..." (chez moi j'ai toujours entendu parler "d'engagement des artistes", ça me parait tout de même un peu plus délicat...). 

    Je ne jugerai pas de la qualité des spectacles proposés l'an prochain, ou donnés en 2019-2020 sinon que je ne vois pas ce que vient faire une mise en scène pour la " passion selon St Jean" de Bach sinon l'obligation d'avoir des  interprètes de haut niveau.

    Ce qui est en tous cas assez cocasse c'est que cette direction, Mairesse en tête, qui nous bassine les oreilles avec leur slogan "populaire", demande tout de même au spectateur désireux d'être bien placé pour profiter d'une visibilité maximale dans une salle à l'Italienne dont les travaux de restauration ne peuvent pas avoir supprimé les angles mort, cette direction citoyenne demande 142 euros pour une fauteuil de première catégorie (j'utilise ce terme ne sachant pas celui utilisé dans le théâtre actuellement). C'est le théâtre populaire comme l'Opéra Bastille de Mitterrand. Ca doit être la définition du "populaire" dans la gauche caviar.On espère que les travaux on permis d'isoler une partie des fauteuils d'orchestre du murmure incessant et non mélodieux du métro et du RER pendant les représentations.

    Mais il est vrai que je n'ai pas une vision citoyenne de l'établissement du prix des places de spectacle.

    Seuls spectacles que je reverrai ou découvrirai volontiers; 42nd Street que fit créer Choplin dans ce théâtre il y a quelques années et Le Rossignol de Stravinsky mis en scène par Robert Lepage qui réalisa l'époustouflant Ring de Wagner au Met pour le bicentenaire du compositeur.


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  • Voici sans doute un chef d’œuvre de mise en scène tel que Balzac sans doute était bien le seul à pouvoir nous faire partager dans une des nouvelles de sa Comédie Humaine. Aucun écrivain n'est capable d'écrire avec ce style et cet humour ravageur.

    La nouvelle s'appelle "Une file d'Eve". C'est une critique féroce de l'arrivisme d'un jeune écrivain qui veut intégrer la haute société du régime de Louis Philippe, l'action se déroule après 1830, et pense ainsi se faire élire à la chambre et devenir ministre. Malheureusement pour lui sa prétention va déchainer contre lui ceux qui ne veulent surtout pas de lui dans le monde politique et tenteront de le faire tomber, l'acculant à la prison pour dettes et à une tentaive de suicide, par un comportement machiavélique. La comtesse de Vandenesse qui est tombé sous son charme et dont il se sert pour réaliser son ambition, manque de se perdre et son époux qui a tout compris viendra à son secours et lui prouvera qu'il ne faut pas se fier aux apparences, aussi bien du coté marital qui semble ne pas l'aimer, et du soit disant amant qui met son ambition avant toutes autres considérations sentimentales.

     

    La scène ci dessous se passe quand la Comtesse, sauvant son amant du suicide,  avec sa belle sœur mariée au principal adversaire du jeune homme, et l'épouse d'un banquier, tente de couvrir la dette de 40000 francs de l'époque, intérêts compris, pour éviter à Raoul Nathan de se trouver en prison. Mme de Vandenesse vient voir son vieux professeur de piano allemand , tout droit sortie des contes d'Hoffmann, pour lui faire signer des lettres de change, elle même en infraction avec la législation en vigueur sur les droits des femmes. La description des lieux vaut son pesant d'or!:

    "...La voiture ne pouvait entrer dans la petite rue

    de Nevers ; mais comme Schmuke habitait une

    maison située à l’angle du quai, la comtesse n’eut

    pas à marcher dans la boue, elle sauta presque de

    son marchepied à l’allée boueuse et ruinée de

    cette vieille maison noire, raccommodée comme

    la faïence d’un portier avec des attaches en fer, et

    surplombant de manière à inquiéter les passants.

    Le vieux maître de chapelle demeurait au

    quatrième étage et jouissait du bel aspect de la

    Seine, depuis le Pont-Neuf jusqu’à la colline de

    Chaillot. Ce bon être fut si surpris quand le

    laquais lui annonça la visite de son ancienne

    écolière, que dans sa stupéfaction il la laissa

    pénétrer chez lui. Jamais la comtesse n’eût

    inventé ni soupçonné l’existence qui se révéla

    soudain à ses regards, quoiqu’elle connût depuis

    longtemps le profond dédain de Schmuke pour le

    costume et le peu d’intérêt qu’il portait aux

    choses de ce monde. Qui aurait pu croire au

    laisser-aller d’une pareille vie, à une si complète

    insouciance ? Schmuke était un Diogène

    musicien, il n’avait point honte de son désordre,

    il l’eût nié tant il y était habitué. L’usage

    incessant d’une bonne grosse pipe allemande

    avait répandu sur le plafond, sur le misérable

    papier de tenture, écorché en mille endroits par

    un chat, une teinte blonde qui donnait aux objets

    l’aspect des moissons dorées de Cérès. Le chat,

    doué d’une magnifique robe à longues soies

    ébouriffées à faire envie à une portière, était là

    comme la maîtresse du logis, grave dans sa barbe,

    sans inquiétude ; du haut d’un excellent piano de

    Vienne où il siégeait magistralement, il jeta sur la

    comtesse, quand elle entra, ce regard mielleux et

    froid par lequel toute femme étonnée de sa beauté

    l’aurait saluée ; il ne se dérangea point, il agita

    seulement les deux fils d’argent de ses

    moustaches droites et reporta sur Schmuke ses

    deux yeux d’or. Le piano, caduc et d’un bon bois

    peint en noir et or, mais sale, déteint, écaillé,

    montrait des touches usées comme les dents des

    vieux chevaux, et jaunies par la couleur

    fuligineuse tombée de la pipe. Sur la tablette, de

    petits tas de cendres disaient que, la veille,

    Schmuke avait chevauché sur le vieil instrument

    vers quelque sabbat musical. Le carreau, plein de

    boue séchée, de papiers déchirés, de cendres de

    pipe, de débris inexplicables, ressemblait au

    plancher des pensionnats quand il n’a pas été

    balayé depuis huit jours, et d’où les domestiques

    chassent des monceaux de choses qui sont entre

    le fumier et les guenilles. Un œil plus exercé que

    celui de la comtesse y aurait trouvé des

    renseignements sur la vie de Schmuke, dans

    quelques épluchures de marrons, des pelures de

    pommes, des coquilles d’œufs rouges, dans des

    plats cassés par inadvertance et crottés de sauercraut. Ce détritus allemand formait un tapis de

    poudreux immondices qui craquait sous les pieds,

    et se ralliait à un amas de cendres qui descendait

    majestueusement d’une cheminée en pierre peinte

    où trônait une bûche en charbon de terre devant

    laquelle deux tisons avaient l’air de se consumer.

    Sur la cheminée, un trumeau et sa glace, où les

    figures dansaient la sarabande ; d’un côté la

    glorieuse pipe accrochée, de l’autre un pot

    chinois où le professeur mettait son tabac. Deux

    fauteuils achetés de hasard, comme une couchette

    maigre et plate, comme la commode vermoulue

    et sans marbre, comme la table estropiée où se

    voyaient les restes d’un frugal déjeuner,

    composaient ce mobilier plus simple que celui

    d’un wigwam de Mohicans. Un miroir à barbe

    suspendu à l’espagnolette de la fenêtre sans

    rideaux et surmonté d’une loque zébrée par les

    nettoyages du rasoir, indiquait les sacrifices que

    Schmuke faisait aux Grâces et au Monde. Le

    chat, être faible et protégé, était le mieux partagé,

    il jouissait d’un vieux coussin de bergère auprès

    duquel se voyaient une tasse et un plat de

    porcelaine blanche. Mais ce qu’aucun style ne

    peut décrire, c’est l’état où Schmuke, le chat et la

    pipe, trinité vivante, avaient mis ces meubles. La

    pipe avait brûlé la table çà et là. Le chat et la tête

    de Schmuke avaient graissé le velours d’Utrecht

    vert des deux fauteuils, de manière à lui ôter sa

    rudesse. Sans la splendide queue de ce chat, qui

    faisait en partie le ménage, jamais les places

    libres sur la commode ou sur le piano n’eussent

    été nettoyées. Dans un coin se tenaient les

    souliers, qui voudraient un dénombrement

    épique. Les dessus de la commode et du piano

    étaient encombrés de livres de musique, à dos

    rongés, éventrés, à coins blanchis, émoussés, où

    le carton montrait ses mille feuilles. Le long des

    murs étaient collées avec des pains à cacheter les

    adresses des écolières. Le nombre de pains sans

    papiers indiquait les adresses défuntes. Sur le

    papier se lisaient des calculs faits à la craie. La

    commode était ornée de cruchons de bière bus la

    veille, lesquels paraissaient neufs et brillants au

    milieu de ces vieilleries et des paperasses.

    L’hygiène était représentée par un pot à eau

    couronné d’une serviette, et un morceau de savon

    vulgaire, blanc pailleté de bleu qui humectait le

    bois de rose en plusieurs endroits. Deux chapeaux

    également vieux étaient accrochés à un portemanteau d’où pendait le même carrick bleu à

    trois collets que la comtesse avait toujours vu à

    Schmuke. Au bas de la fenêtre étaient trois pots

    de fleurs, des fleurs allemandes sans doute, et

    tout auprès une canne de houx. Quoique la vue et

    l’odorat de la comtesse fussent désagréablement

    affectés, le sourire et le regard de Schmuke lui

    cachèrent ces misères sous de célestes rayons qui

    firent resplendir les teintes blondes, et vivifièrent

    ce chaos. L’âme de cet homme divin, qui

    connaissait et révélait tant de choses divines,

    scintillait comme un soleil. Son rire si franc, si

    ingénu à l’aspect d’une de ses saintes Céciles,

    répandit les éclats de la jeunesse, de la gaieté, de

    l’innocence. Il versa les trésors les plus chers à

    l’homme, et s’en fit un manteau qui cacha sa

    pauvreté. Le parvenu le plus dédaigneux eût

    trouvé peut-être ignoble de songer au cadre où

    s’agitait ce magnifique apôtre de la religion

    musicale...."

     


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  • Ce livre en anglais a été publié en 2018.

    L'auteur analyse la situation créée par la fin de la guerre de secession et l'assassinat de Lincoln peu après la reddition de l'armée des Confédérés sous la direction du Général Lee, début avril 1865.

    Le successeur de Lincoln, Andrew Johnson, avait considéré au départ  comme acte de haute trahison la rebellion sudiste et la guerre qui s'ensuivit, partageant ainsi le sentiment de nombre d'Américains radicaux de l'époque. Les principaux dirigeants et officiers de l'armée sudiste devaient répondre de leurs actes devant un tribunal civil qui devait punir sévèrement les coupables, peine de mort pour les dirigeants civils et militaires.

    Pendant la courte période qui précéda la fin officielle de la guerre, les coupables bénéficiaient d'un "sursis" s'ils avaient fait une demande de "pardon" assortie d'un serment de soumission à la Constitution des USA qu'ils avaient trahi selon les autorités de l'Union. Le conflit réputé terminé, ils étaient poursuivis officiellement pour leurs crimes. Le président de la Confédération, Jefferson Davis fut arrêté et mis en prison pendant deux ans.

    Reeves dresse le tableau des événements successifs de 1865 jusqu'à la mort de Lee en 1870. Le jour de Noël 1868, le Président Johnson amnistiât tous les confédérés y compris le Général Lee. Cependant ce n'est qu'en 1970 que fut retrouvé dans les archives l'acte d'accusation rédigé par un tribunal de Norfolk sous la direction du juge John C. Underwood l'un des plus virulents partisans de sanctions exemplaires contre les dirigeants sudistes. En 1975 le Président Ford officiellement réhabilitât Lee, annulant ainsi l'acte d'accusation. Pendant toute la période de 1868 à 1975 un véritable culte de la mémoire du Général se développa dans tous les Etats Américains, au point que même dans le bureau d’Eisenhower figurait un portrait de Lee.

    Le livre de Reeves remet ainsi les faits en perspective. Il ne tranche pas sur l'accusation de trahison bien que l'on puisse à plusieurs endroits estimer qu'il penche pour sa culpabilité. L'auteur met en évidence les déclarations contradictoires de Lee verbales ou écrites, sur sa position en ce qui concerne le problème de l'esclavage, motif réel ou non du déclenchement de la guerre de secession.

    Livre très intéressant qui présente sous un jour nouveau les faits postérieurs à la guerre civile, oubliés en général par la population américaine, et souvent passés sous silence dans la littérature consacrée à ce moment majeur de l'histoire des USA.

    Un livre qui mérite d'être traduit en français.


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  • Ce livre que je viens de lire dans son édition américaine de 2003, a été publié pour la première fois en 1988. Il existe une traduction française sous le titre "La Guerre de Sécession (1861-1865)". Autant dire que la traduction du titre en français est d'une fadeur consternante, s'agissant de l'étude sans doute la plus exhaustive de cette guerre qui a été un des tournants majeurs de l'histoire des Etats Unis.

    L'auteur a été récompensé pour son remarquable ouvrage par le prix Pullitzer en 1989. Le livre  fut un succès de librairie lors de sa sortie totalisant 28 semaines consécutives comme best seller tant dans son édition reliée que en livre de poche.

    C'est l'ouvrage de référence à lire pour qui veut comprendre ce que fut cette guerre meurtrière au plus haut degré, elle fit plus de victimes militaires et civiles que tous les conflits auxquels participèrent les USA jusqu'à la guerre du Vietnam incluse.

    McPherson est professeur à Princeton et s'est spécialisé sur le sujet de cette seconde révolution américaine et de ses protagonistes. Je ne sais ce que vaut la traduction française de l'ouvrage et me méfie des traductions qui font perdre souvent la qualité du style de l'auteur.

    En achevant la lecture de cet ouvrage de 909 pages, je me suis pris à comparer le ton et la façon d'aborder l'histoire par son auteur, à celui de Jean-Christian Petitfils dans ses ouvrages sur la France des XVII et XVIII siècles. Tous deux refusent de jouer aux Grands Profs qui toisent leurs lecteurs du haut de leur savoir encyclopédique. McPherson lui-même dans une interview trouvée sur le net, explique qu'il a voulu par la construction et la langue de l'ouvrage se mettre à la portée du non spécialiste sous entendant en quelque sorte qu'il puisse s'accrocher à ce livre comme à un roman.

    Il a réussi sur toute la ligne. Contrairement à ce que laisse croire la traduction française du titre, l'auteur aborde son sujet dès le milieu du XIXe siècle faisant un panorama de la situation politique, économique, financière, sociale et militaire du pays, car chacun des thèmes aura une influence déterminante sur le pourquoi, le comment et le résultat final du conflit.

    Il est impossible de résumer un tel ouvrage; il faut tout simplement le lire et on en sort un peu moins ignorant sur cet événement qui explique bien des comportements des USA actuels.

    L'ouvrage enfin fait partie d'une sorte d'encyclopédie "L'Oxford History of the United States" en 12 volumes couvrant toute l'histoire des USA depuis ses origines; à la mort de son principal concepteur en 1999, C. Vann Woodward, c'est David Kennedy qui prit la suite de la publication de cette somme. Plusieurs des tomes ont été actualisés et l'encyclopédie couvre une période allant aujourd'hui jusqu'à 2014. L'ouvrage de McPherson constitue le tome 5 de l'édition originale. Chaque tome est signé par un auteur différent.

    Un chef d'oeuvre.


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