• Grandeur et Décadence de la culture française.

    Il fut un temps où la France pouvait à juste titre de se glorifier d'être un temple de culture, des arts au même titre que l'Italie. Sa langue était parlée couramment au quatre coins de l'Europe, les cours de la Russie Tsariste, celle de l'Empire Austro Hongrois, l'Italie connaissaient et pouvaient converser dans la langue de Molière. Avec la Russie, l'Allemagne et l'Italie, elle pouvait se targuer d'avoir donné à la civilisation les plus grands penseurs, écrivains, musiciens, peintres. Même au plan politique elle pouvait prétendre avoir donné des hommes d'une stature exceptionnelle. Cela dura grosso modo jusqu'à la guerre de 1914-1918.

    Que reste-t-il aujourd'hui? Hélas je ne vois aucun autre mot pour qualifier le désastre: LE NEANT.

    Notre langue a perdu son rôle de langue véhiculaire que cela plaise ou non aux enragés accrochés comme des candidats à la noyade, à leur protection de la langue française, nos hommes politiques n'ont rien à envier aux personnages douteux voire pire des républiques qu'elles soient bananières ou non, notre culture est réduite à la portion congrue dans tous les domaines. On ne grandit pas un pays sans une culture donc un enseignement en béton.

    Pour s'en convaincre il suffit de regarder les perles des chères têtes blondes à qui on accorde le baccalauréat  avec mention "bien" voire "très bien", écouter le français approximatif de nos stars du petit écran présentant le journal télévisé, assister enfin à la production actuelle du Misanthrope de Molière à la Comédie Française et à l'ovation invraisemblable que ce spectacle honteux provoque  chez le public actuel.

    Mon amie Marie Antoinette et moi y étions hier soir salle Richelieu bénéficiant de deux fauteuils d'orchestre pour assister à ce spectacle. Personnellement je l'admire d'avoir tenu jusqu'au bout des interminables trois heures de supplice visuel et auditif de cette infernale cacophonie et non sens. Eussè-je été seul j'aurais quitté la place dès le milieu de la première scène de la pièce. Mais dans le fond nous espérions en vain un moment de répit, une lueur ne fut-elle qu'infime d'intelligence du texte, des intentions de l'auteur, par le metteur en scène et ses acteurs.

    C'était croire aux miracles! Seul le Pape aurait pu le faire!

    Voyons un peu et faisons partager aux chanceux qui n'assistèrent pas au spectacle le bonheur de ces trois heures de représentation:

    Si vous prenez l'enregistrement de la Comédie Française de la production de Pierre Dux de 1977, celui ci a une durée de 125 minutes, donc en ajoutant l'entracte de 20 minutes cela nous amène à 145' soit 2h 25'. Comment Monsieur Clément Hervieu-Léger s'y prend-t-il donc pour nous faire souffrir pendant 3h entracte compris? Et je ne compte pas dans cette durée le bon 1/4 d'heure pendant lequel nous voyons Alceste entrer et sortir, soupirer, se prendre la tête dans ses mains, avant même que la sonnerie n'annonce le début du spectacle, car bien entendu cédant au snobisme en cours, le rideau est déjà levé alors que la salle se remplie et comme pour les opéras l'on vous fait subir des présences et des mouvements scéniques pendant les ouvertures car voyez-vous ces pauvres spectateurs ne supportent pas d'entendre de la musique avec un rideau fermé où rien ne se passe à part cette pauvre musique dont on se demande pourquoi on affuble un opéra, encore une idée bourgeoise réactionnaire qu'il faudra éliminer.

    Une chose est certaine Eric Ruf le Directeur actuel du théâtre a dû sacrément bien négocier avec les syndicats des machinistes pour obtenir qu'ils bossent jusqu'à 23h30 passées ce qui est impossible à l'Opéra National de Paris! Ha!Ha!Ha! Y en a qui se sont faits...je reste poli... de la belle manière!

    Puisque le rideau est ouvert parlons du décor...Oh pardon, de la SCENOGRAPHIE. Et oui le mot décor est 

    ....Ô cervelles indociles!

    Faut-il qu'avec les soins qu'on prend incessamment,

    On ne vous puisse apprendre à parler congrûment?

    De Décor, enfin est fais la récidive,

    Et c'est de Scénographie qu'l' on positive....

    Ben oui enfin, vous êtes cool ou que c'est quoi?

    Faut quand même être grave pour ne pas piper ça!

    Ce cher décorateur, pardon scénographe c'est Eric Ruf soit même que j'vous dit! Célimène doit avoir de sérieux problèmes financiers; le lustre est parterre, les murs ont sacrément besoin d'être lavés et repeints, le mobilier est protégé plus ou moins par des housses, on protège ce qui sans doute peut être vendus aux enchères pour faire la fin du mois...

    Or donc Alceste, enfin on pense que c'est lui, je serais le metteur en scène, je mettrai un écriteau dans le dos Loïc Corbery pour qu'il n'y ait pas de doute pour les spectateurs niveau bac 2019 qui n'ont sans doute pas lu la pièce voire ne connaissent pas, comme une de mes anciennes camarades de cours de théâtre chez Francine Walter, ce que le mot Misanthrope veut dire....

    Loïc, tu permets mec que je t'cause par ton p'tit nom?..,  c'est un sociétaire, me demandez pas ce que cela veut dire, j'sais pas, c'est un mec qui s'appelle Alceste! Allez donc savoir pourquoi Molière le gus qui a écrit la pièce lui a donné ce nom, moi j'aurais plutôt choisi Manu ou Ben, enfin un truc qui fasse cool. Ah non! Commencez pas à faire du mauvais esprit, j'ai jamais pensé à des gens connus!

    Originaire d'Avignon Loïc découvre rapidement le théâtre grâce à ses parents (son père est ingénieur et sa mère professeur de lettres). À l'âge de six ans, il rencontre par hasard Agnès Varda, qui le fait jouer dans le court métrage qu'elle tournait alors à Avignon. Le court-métrage s'intitule 7 pièces cuisine et salle de bain.

    Après son baccalauréat, il part pour Paris afin de suivre des études théâtrales au cours Périmony. Il intègre ensuite le Conservatoire national supérieur d'art dramatique, où il étudie de 1997 à 2000, dans les classes de Stuart Seide et de Jacques Lassalle.

    En 2003, il joue dans Le jour du destin et décroche une nomination aux Molières 2004 pour la révélation théâtrale masculine. En plus du théâtre, on peut l'apercevoir dans plusieurs séries télévisées françaises, le plus souvent le temps d'un épisode, mais il a aussi tenu des rôles récurrents, comme dans la série Commissaire Valence, diffusée sur TF1, avec Bernard Tapie dans le rôle-titre.

     Il entre à la Comédie-Française en 2005, Il en est devenu sociétaire en 2010.

    La direction artistique de l'hommage à Molière lui a été confiée en 2009.

    (j'ai trouvé sa bio sur wikipedia.)

    De temps en temps quand il se déplace sur le plateau, il va jouer deux ou trois notes sur le piano qui est au fond du plateau.

    Enfin la sonnerie du théâtre s'arrête, on vous rappelle gentiment de ne pas filmer et d'éteindre vos smartphones (zut moi que j'voulais commenter par SMS avec Jean-Benoit, c'est foutu!) et la pièce commence; encore un peu de marche pour Loïc/ALceste puis y a un mec qui s'appelle Philinte, tu parles d'un nom, qui entre (j'sais ça parce que j'ai trouvé un papier sur google). Philinte aussi a des problèmes car lui aussi il fait de la marche pendant deux ou trois minutes, dans un cours de théâtre on m'a dit que ça s'appelle "remplir l'espace scénique", c'est plus pro! Puis les deux mecs commencent à s'engueuler grave. Alceste qu'il est grave en colère, Philinte lui aussi mais de temps en temps y s'gondole vachement, j'ai pas compris pourquoi. En prime t'as les deux mecs qui doivent pas se souvenir du texte car ils mettent deux plombes pour te j'acquêter un vers, il parait qu'ils parlaient en vers du temps de Molière. J'suis pas contre. Puis y a un nouveau mec, enfin pas certain, moi j'peux pas dire si il est gay ou pas mais quand même il cause comme qui dirait distingué, enfin c'est comme ça que les connards de la droite qu'ils causent. 

    Bon enfin j'vais pas vous raconter toute la pièce. Ah si quand même y a la meuf, Célimène. Elle s'envoie en l'air qu'on dirait avec Alceste, de temps en temps il lui enfile un patin, ça au moins ça fait cool! T'embêtes pas Loïc hein?T'profites de toutes les occases, mon cochon! Moi j'sais pas c'que tu lui trouves à cette meuf. Elle est pas cool question physique et elle a une voix à faire péter les crystals du lustre! Dans le genre mégère elle est grave aussi.

    Soyons sérieux. Vous l'aurez compris, on a droit pendant trois bonnes heures durant à des déplacements dans tous les sens, ça crie de tous les cotés, les alexandrins on en a rien à glander, 8-12-14 syllabes, c'est comme on veut. On va même, oui monsieur Corbéry, jusqu'à changer des rimes: on ne doit pas dire "trouve" mais "treuve" sinon on supprime la rime suivante. Non, Oronte et Alceste ne parlent pas en même temps au milieu de l'avant dernière scène de  la pièce! 

    En fait le metteur en scène a fait de ce pauvre Alceste une sorte de maniaco-dépressif qui va jusqu'à pleurer à certains moments; en plus son Alceste est trop jeune physiquement, même si Corbery à 43 ans son physique de jeune premier ne colle absolument pas avec le rôle. Comme dans la production de Francis Huster d'il y a une vingtaine d'années à Marigny, il se trompe en faisant d'Alceste un homme violent physiquement, pas plus que les petits marquis n'en viennent pratiquement aux mains avec Alceste qui les critique.

    Ce spectacle est truffé de non sens, tout cela parce que pour la nième fois on s'acharne à vouloir transposer dans le monde du XXIe siècle une œuvre éminemment datée. Si on veut faire moderne il faut impérativement réécrire le texte. Comment faire tenir en langage et description vestimentaires de notre temps, les termes rubans verts, rhingraves, haut de chausse. Je suis certain que les 90% du public hier soir ne seraient pas capables d'en donner les description et l'usage.

    Et puis bon Dieu, pourquoi priver le spectateur d'un peu de rêve visuel avec un décor plus harmonieux sans faire kitch, des costumes grand siècle donnant de la couleur au spectacle et non cette laideur qui semble être aujourd'hui la marque absolue de notre époque de violence verbale et physique. Regardez dans la rue comment aujourd'hui les femmes sont fagotées. On les croirait sortant de leur plumard, pas coiffée, vêtues soit d'une jupe qui ne descendent pas plus bas que le haut de leurs cuisses (qu'elles ne viennent pas se plaindre d'être ensuite agressées par des individus sans la moindre morale dans tous les domaines), ou alors on croirait qu'elles ont pris le tissu des rideaux mités trouvés au grenier ou à la cave pour se les foutre sur le dos.

    Voilà où est tombée la Comédie Française qui devrait être à l'instar de la Royal Shakespeare Company la vitrine, le phare de la culture de notre pays, la véritable ambassadrice de la France que ce soit à l'étranger mais aussi pour les touristes qui visitent notre pays et enfin un lieu d'enseignement tant littéraire qu'historique pour notre jeunesse.

    Mais comment cela pourrait-il être possible avec un ou une Ministre de la Culture qui n'en a aucune, des enseignants suivant sans broncher un ou une ministre de l'Education Nationale, de l'Enseignement supérieur, et un Rectorat tout aussi incultes les uns que les autres et dispensant un enseignement du primaire au supérieur en plein délabrement. Apprendre à raisonner et analyser un texte est inconnu des lycéens; il suffit là encore de lire les copies du brevet et du bac. Notre pays confond égalité et compétence d'où des âneries comme la parité hommes femmes en nombre dans les entreprises, heureusement que celles ci ont encore le courage de s'asseoir dessus en mettant compétences et disponibilités avant ce genre de concept qui ne tient pas debout et est la conséquence d'un égalitarisme d'esprits étriqués refusant toute notions de sélection, compétence, signes de reconnaissances dans la vie active comme dans la vie privée.

    La France file tout droit vers l'abîme que ce soit au plan culturel, économique, financier parce que pilotée par une bande d'arrivistes sans scrupules, à l'ambition démentielle et pour qui leur pays n'est qu'un prétexte à assouvir leur mentalité de parvenus gauche caviar.

    Vous l'avez compris, un spectacle à fuir (de toutes façons la dernière est cet après midi) tout comme sont à fuir la Comédie Française et l'Opéra National de Paris aux mains de directeurs qui se fichent totalement de la culture, qui donnent la parole à des metteurs en scène tels des Olivier Py véritables calamités des scènes françaises et internationales et qui n'ont qu'un seul but dans l'existence faire parler d'eux en se servant des auteurs qu'ils font jouer au lieu de SERVIR LES AUTEURS ET COMPOSITEURS QUI ONT EU AUTREMENT PLUS DE TALENT QU'EUX, INCAPABLES DE COMPOSER LE MOINDRE VERS OU LA MOINDRE NOTE DE MUSIQUE.

    Merci l'ére Mitterrand véritable catastrophe pour ce pauvre pays. Président vous avez réussi à 100% dans votre entreprise de démolition économique et culturelle du pays que vous dirigiez avec votre suffisance, prétention et surtout votre cynisme!

    Désolé pour ce long exposé, mais vous l'aurez compris, 12h après avoir subi ce supplice mais j'avais au moins la chance d'être en bonne compagnie, et tous deux soyons honnêtes ne nous faisions guère d'illusions, mais pas au point d'assister à pareil massacre d'un pareil chef d’œuvre, le réveil ce matin fut amère.

    Dieu merci notre génération à tous chers lecteurs, avons eu la chance exceptionnelle de connaitre, d'entendre, de voir des artistes d'un talent fou dans des productions exceptionnelles que les spectateurs d'aujourd'hui ne peuvent même pas imaginer. Un Pierre Sabbagh si décrié nous a quand même préserver certaines d'entre elles, hélas l'opéra malgré les efforts de Liebermann ne disposait pas encore des moyens techniques d'aujourd'hui pour nous donner des traces enregistrées lisibles de nos jours sauf à dépenser des millions pour les restaurer ce qui est faisable si on a l'ambition de préserver ce qui fut un patrimoine national hors du commun.

     


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