• On fête cette année le centenaire de la mort de Georges Feydeau. Ce petit détail semble être passé inaperçu des commentaires faits dans le film diffusé hier soir par la chaîne France 5. On a dit en passant qu’il disparaissait en 1921 sans véritablement mettre l’accent sur ce point qui justifie à lui seul qu’on rappelle le génie de cet auteur dramatique.

    L’émission qui se veut une sorte de rétrospective de son grand talent non seulement d’amuseur, s'amusait-il vraiment rien n'est moins sûr, mais surtout de peintre des mœurs de la société bourgeoise, était agrémentée d’extraits de productions couvrant la période des années 50 à nos jours.

    Ce qui ressort une fois de plus de ce tour d’horizon bien succinct, c’est l’incapacité actuelle des acteurs et metteurs en scène de théâtre à comprendre que certains sujets sont datés et ne peuvent en aucun cas faire l’objet d’une modernisation ou actualisation quelconque. Le temps est bien passé où pour obtenir un  divorce on devait faire appel au flagrant délit suivi d’un procès en bonne et due forme pour justifier des torts de la partie adverse.

    Quand j’étais étudiant en sciences économiques à Grenoble au début des années 60, notre cour de droit civil comprenait l’étude des questions du droit de la famille. Nous allions avec mes camarades travailler à la bibliothèque universitaire le soir et terminions avant  la clôture des locaux par une incursion dans les grands et volumineux volumes recensant les arrêts circonstanciés des tribunaux en la matière. Je me souviens de cet arrêt désopilant mettant en scène deux amis dont l’un quelque peu éméché avait parié avec son copain qu’il pourrait sans problème coucher avec sa femme à son insue. La description des lieux mettait l’accent sur le fait que pour atteindre la couche de la dame il fallait au préalable traverser la chambre de ses parents ! Le parieur réussit à surmonter cet obstacle, s’introduisit dans le lit de la belle avec ses chaussures et réalisa sans problèmes la teneur de son pari, ce n'est une fois l'acte consommé que la dame ameuta le quartier par ses cris d'orfraies ! Le mari de mauvaise foi poursuivi en justice son copain et l’arrêt devait statuer sur la question de savoir s’il y avait consentement de la dame ou séduction dolosive ! Le tribunal conclu non sans humour « que l’on ne pouvait pas accuser l’inculpé de séduction dolosive, la dame ayant consenti à l’acte et de la belle manière ». On nage ici en plein  Feydeau, l’arrêt datait de la fin du XIXe siècle.

    Je doute qu’aujourd’hui on ait besoin d’une telle procédure pour engager une action en divorce.

    C’est donc une hérésie sans nom de monter le Dindon ou le Fil à la Patte en costumes XXIe siècle et avec des attitudes et jeux de scène propres à notre façon de vivre. La Comédie Française et nombre de théâtres de boulevard sous le prétexte de rajeunir et de rendre compréhensible par le public de 2021 ces chefs d’œuvres du théâtre, tombent tout droit dans ce travers à de rares exceptions près.

    S’ajoute à cette aberration un des défauts majeurs des acteurs actuels, celui d’une diction particulièrement défaillante. Or le rythme qui doit être endiablé des dialogues de Feydeau impose une diction et une respiration ventrale parfaite pour que toutes les nuances ou subtilités en soit perçues. Ceci vaut d’ailleurs pour les productions cinématographiques ou télévisées filmées ou rarement en direct. Il m’arrive souvent regardant une série française même de qualité quant à son interprétation et sa réalisation, d’activer les sous-titres pour décrypter le dialogue marmonné de certains acteurs. Ne parlons pas des liaisons mal-t-a-propos de certains, présentateurs des journaux télévisés ou autres interviews; je me suis pris de bec avec une camarade de cours de théâtre qui voulait absolument parler des "mille-z-années" dans l'une de ses répliques. Nous avons enfin ces "e" en final de tous les mots: les joureux, annéeseux et autres eu-ismes chers aux jeunes comédiens ou supposés tels.

    Un autre aspect du délire des mises en scènes actuelles, au Français tout particulièrement, tient au non respect de la didascalie prévue par l’auteur. L’un des metteurs en scène interviewé dans l’émission pourtant a insisté sur ce fait majeur des pièces de Feydeau. Cela ne l’a pas empêché de laisser ses acteurs ne pas la suivre dans l’extrait donné de « Ne te promènes pas toute nue ».

    La mise en scène récente du « Dindon » pêche d’un autre défaut celui de croire que plus on crie plus on est drôle ! Ne parlons pas de l’incompréhension flagrante du rôle de Bouzin  dans « le fil à la patte » par Christian Hecq, qui n’a pas compris la nature du personnage. Bouzin est un complexé notoire quelque peu paranoïaque, clerc de notaire qui s’apparentait à l’époque aux fonctionnaires brocardés par Labiche dans « Messieurs les ronds de cuir ». Il manque totalement d’imagination, agit sur l’instant et ne peut en aucune façon s’extasier sur un fauteuil ou autre objet de mobilier, il n’a qu’une seule préoccupation celle de présenter sa chanson d’une stupidité abyssale à Lucette Gautier qui elle-même comme sa sœur est loin d’avoir inventé l’eau tiède !

    Toute la force comique du personnage a été exploitée magistralement par Robert Hirsch qui en a fait comme il se devait un personnage étriqué tant par son physique que par ses vêtements comme le montre à merveille la fameuse scène du deuxième acte, la confrontation entre Bouzin et Fernand de Bois-d'Enghien,  ce dernier tout autant ridicule en caleçon sur le palier de son appartement dont il a laissé les clés à l'intérieur. Bouzin est non seulement étriqué mentalement mais pudique à l’extrême au point d’utiliser comme cache sexe, son parapluie ! C'est le seul ajout de Hirsch dans la didascalie, elle tient la route car elle s’intègre parfaitement au déroulement de l'action et en quelque sorte la fait avancer.

    Même Thierry Hancisse pourtant remarquable comédien que je vis interpréter un fabuleux Néron dans Britannicus en 1989, passe à coté du personnage de Pontagnac dans la scène finale du Dindon. Il surjoue le dialogue quand il résume ses mésaventures en mettant des silences qui n’ont pas lieu d’être. Il ralentit l’action, rien ne permet dans la situation de se comporter de cette manière sinon de la part de l’acteur de vouloir attirer l’attention sur soi-même.

    On ne répétera jamais assez le conseil de Louis Jouvet : « un geste, un ton de voix, un déplacement, un accessoire, un décor qui ne contribue pas à faire avancer l’action, est une scorie dans une interprétation ou mise en scène et doit en être banni. ». Cela vaut dans tout le répertoire théâtral, aussi à l’opéra comme au cinéma.

    La comparaison entre les productions du Français des 50-1980 et celles postérieures est sans appel. D’un coté une troupe qui travaille en réelle alternance et dont les acteurs ont été recrutés de la façon la plus sévère qui soit : premier ou deuxième prix voire de façon exceptionnelle premier accessit au concours de sortie du conservatoire, à la diction parfaite, et rentrant dans cette maison à l’époque prestigieuse, pour y faire carrière et non comme aujourd’hui où la majorité des sociétaires ou pensionnaires soit ne font qu’y passer se servant de leur titre d’ancien comme de carte de visite, soit passant presque plus de temps en des activités hors de la compagnie qu'à y être en scène.

    S’il est quelqu’un que l’on doit écouter et qui n’a pas eu l’honneur posthume de cette émission, c’est le petit fils de Feydeau, Alain Feydeau, qui a cédé tous les manuscrits dont il était le dépositaire, à la Bibliothèque Nationale. Il explique dans une interview non seulement le déroulement de sa carrière de pensionnaire pendant 25 ans au Français mais aussi comment il conçoit l’interprétation et les compétences théâtrales nécessaires pour interpréter et mettre en scène le théâtre de ce grand dramaturge. Il ressort à juste titre de sa lecture que ce théâtre est bien plus tragique que comique dans ses fondations. A lire: Le petit-fils de Georges Feydeau parle de Dormez, je le veux !

     


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  • Emmanuel de Waresquiel vient de publier aux éditions Taillandier un ouvrage concernant la Révolution Française: « Sept jours 17-23 Juin 1789, la France entre en révolution. »

    Ce ne sont pas les ouvrages qui manquent sur cet événement majeur de l’histoire de notre pays.

    Cependant ce livre se centre sur une période très courte de ce qui aboutira à une véritable guerre civile ; sept jours où effectivement tout à basculé dans une série d’actes marquant un tournant à 180 degré de notre histoire au cours desquels certains virèrent à l’horreur et étaient bien loin des principes mis en avant : Liberté, Egalité, Fraternité.

    Comme toujours l’auteur brille par le style, la forme et le contenu développés de façon claire, concise et étayé par des sources approfondies permettant de soutenir le propos.

    Les actes qui débutent le mouvement révolutionnaires sont bien connus, maladresse et indécision et incapacité à prendre des décisions de Louis XVI tiraillé entre les principes régissant la monarchie à l’époque depuis des lustres, incapacité à s’opposer aux exigences constantes de privilèges et de leur protection de la part d’une Noblesse et d’un Clergé ayant la main mise sur la richesse du pays.

    En face un Tiers Etat en majorité d’origine petite bourgeoisie, milieux intellectuels ou de professions que l’on classerait aujourd’hui dans celui des professions libérales ou proche des fonctionnaires de l’administration française de l’époque.

    Situation de la France marquée par un régime fiscal totalement en porte à faux avec les réalités d’une gestion cohérente de l’économie et de la finance, abus en tous genres au plan financier souvent considérés comme normaux à l’époque et là aussi de façon constante depuis des lustres ; souvenons-nous de l’affaire Fouquet, Colbert et Louis XIV reprochant à ce dernier de s’être enrichi au travers de commissions perçues sur les emprunts obtenus pour couvrir les dépenses du pouvoir par Fouquet qui se les accordaient au titre du service rendu à l’Etat, pratique courante à l’époque mais que l’ambition de Colbert pris comme prétexte entre autres pour satisfaire à son ambition débordante. L’accusateur ne fut pas sans reproches dans ce domaine lui-même par la suite dans l’exercice de sa fonction auprès du Roi.

    Outre ce premier aspect cause des évènements dramatiques qui suivirent, on doit ajouter des conditions climatiques, Le petit âge glaciaire (parfois abrégé en PAG) est une période climatique froide principalement localisée sur l'Atlantique nord ayant approximativement eu lieu entre le début du XIVe et la fin du XIXe siècle. Elle est caractérisée par une série d'hivers longs et froids. Pendant les années précédents la révolution les températures l’hiver tombèrent jusqu’à -20°C. L'huile gelait. Aujourd’hui on donne comme explication complémentaire à cette situation les conséquences de deux éruptions volcaniques en Islande d’une ampleur avoisinant voire dépassant celle observée il y a peu et qui perturba de façon très sensible le transport aérien transatlantique pendant quelques jours du fait de la présence de nuages de cendres en haute altitude. Ceux-ci peuvent et ont très certainement contribué à l’époque à une forte baisse des températures. On sait que dans l’histoire de notre planète de tels phénomènes plus importants encore ont été la cause de perturbations climatiques majeures aux conséquences catastrophiques.

    S’ajoutent à ces trois causes sans doute aussi l’exposé des écrits des philosophes des Lumières influençant sans conteste la pensée et les idées de la classe moyenne cultivée de l’époque.

    Trois dates majeures marquent les sept jours passés sous revue en détail par l’auteur : les 17, 20 et 23 Juin 1789.

    Le 17 les Etats Généraux qui se réunissent depuis le 4 Mai sont marqués par la décision des membres du Tiers Etat de se déclarer Assemblée Nationale permanente en charge entre autres de la réforme à fond de la fiscalité du pays, première atteinte aux prérogatives du Roi, lequel ne réagit pas.

    Le 20 Juin ils confirment par leur serment au Jeu de Paume « de ne jamais se séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que la Constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides, et que ledit serment étant prêté, tous les membres et chacun d’eux en particulier confirmeront, par leur signature, cette résolution inébranlable. ». Le Roi ne réagit pas.

    Le 23 alors que le Roi a fait fermer trois jours plus tôt la Salle des Menus Plaisirs où se réunissaient les trois ordres, en préparation de la séance plénière au cours de laquelle ce même jour le Roi devait venir faire une déclaration aux participants, le Tiers Etat craignant une intervention armée pour respecter l’ordre du Roi de quitter la salle à l’issue de la réunion, par la voix de Mirabeau répond au marquis de Dreux-Brézé , porteur de l’ordre, « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple et qu’on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes. » Ce texte, dernière mouture connue et retenue a eu plusieurs variantes selon les témoins qui l’ont transmis sans qu’on ait la certitude qu’ils aient pu l’entendre dans le brouhaha régnant à ce moment là. Dreux-Brézé quitta les lieux sans broncher semble-t-il. Le Roi ne réagit pas.

    De Waresquiel nous fait revivre quasiment jour par jour, heure par heure ces évènements majeurs en trois parties avec leurs conséquences prévisibles que l’on sait, mais que le Roi et son entourage plus ou moins consciemment se refuseront de prendre en compte.

    Ce qui en prime de cette analyse est intéressant de constater, est qu’aujourd’hui après deux siècles passés, rien a changé et que la façon dont le pouvoir en place et la populations française, traitent la pandémie en cours de la même façon ainsi que ses conséquences économiques, financières et sociales peuvent avoir. Les causes sont quasiment identiques :

    Economiquement surendettement catastrophique du pays dont aujourd’hui on est bien incapable de dire véritablement quel niveau il atteindra, le contexte sanitaire résolu, surement en tout cas dépassant largement les 100% du PIB, prévision de croissance pour le moins optimiste pour ne pas dire fantaisiste, « wishful thinking » du ministre des finances, idée qu’un emprunt même à un taux faible ne doit pas voir son capital remboursé qu’on soit un Etat ou un particulier. Les moratoires ne sont qu’un artifice comptable.

    Problème climatique, cette fois de réchauffement dont on ne sait pas comment et quand il sera maitrisé et dans quels délais avec des conséquences de première grandeur,

    Contexte social marqué entre autres, comme en 1789 par des échauffourées plus ou moins graves, plus ou moins provoquées par des meneurs que l’Etat a toutes les peines du monde à maitriser, auquel s’ajoute un populisme croissant conséquence d’un dévoiement de la notion de la France « Terre d’asile », et également de théories complotistes, comme en 1789, que les réseaux sociaux ne font qu’amplifier en particulier par des groupements comme Qanon qui ne font pas qu’agir aux USA. Etat dirigé de façon de plus en plus centralisée et marqué par l’incompétence chronique de tous ceux qui le dirigent, Président de la République en tête, se gargarisant de leur appartenance à l’ENA ou à certaines grandes écoles et surtout soucieux de préserver leurs chances de se faire réélire au cours des prochains scrutins, et de ne pas perdre les avantages extravagants dont ils profitent en conséquence,

    Ces mêmes dirigeants contribuant souvent par leurs décisions et leurs propos à diviser le pays en deux ou trois classes socio-économiques en perpétuelle confrontation : retraités versus actifs, jeunesse versus personnes d’âge mûr considérées comme des « has been », riches et pauvres, etc…

    Ce contexte ne semble pas perçu et risquerait bien d’avoir à plus ou moins long terme des conséquences explosives si l’on n’y prête pas attention et ne prend pas des mesures concrètes et dénuées d’objectifs strictement politiques.

    En conclusion un remarquable livre à lire absolument et source de réflexions particulièrement saines…


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  • Claude Aziza, universitaire et spécialiste de l’antiquité vient de signer un petit ouvrage sur Pompéi aux éditions Belles Lettres : « Pompéi, Promenades insolites ». Les deux premières pages du livre sont prometteuses de poésie et d’émotions. Hélas ce ne sont que les deux premières pages.

    Au fur et à mesure de la lecture l’ennui voire l’agacement viennent gâcher les espoirs d’avoir en mains un petit guide original permettant au futur visiteur de ce lieu bouleversant et magique, de pleinement profiter de ses déambulations dans ce site unique au monde.

    Pédantisme, catalogue d’ouvrages aujourd’hui difficiles à trouver même sur le net à moins de débourser des sommes astronomiques s’ils n’ont pas été numérisés sur le site de Gallica qui permet de les télécharger gratuitement, tel le livre de J.M. Le Riche que je viens de trouver par hasard, datant de 1823, qui coûte chez ABbooks la bagatelle de 1400 euros ! Ouvrage intéressant par son coté rétro mais comportant des erreurs du fait de l’époque où il a été écrit et des connaissances acquises du moment: Le temple de Venus qui se situe derrière la Basilique est placé sur le plan fourni par l’auteur, à l’emplacement du temple d’Apollon qui se trouve de l’autre coté de la Via Marina qui longe sur toute sa longueur la Basilique de Pompéi.

     

    Aziza se gargarise de son savoir et va jusqu’à prendre exemple sur ces metteurs en scène d’opéras qui nous infligent leurs relectures des chefs d’œuvre de l’art lyrique ou du Théâtre. Il faut avoir une sacrée imagination pour trouver des connotations psychanalytiques et sexuelles dans la nouvelle de Théophile Gautier, « Arria Marcella ». Que vient faire Freud et ses théories dans ce pauvre Pompéi au destin tragique. Certes il visita le site mais de là à appliquer ces idées sur le comportement de personnages issus de l’imagination d’écrivains, c’est être quelque peu obsédé par la chose ! Un chapitre entier sur les 10 promenades est consacré au seul Lupanar, ses « odalisques » et leurs clients! C’est un véritable manuel des N positions que vous pouvez adopter quand vous vous envoyez en l’air ! Merci Aziza, au moins on aura eut un cours pour 25 euros !!! A proposer au Ministre de l’éducation nationale….

    Seul point où j’abonde dans le sens de l’auteur, son dégoût de ces visiteurs qui se pâment devant les moulages des victimes. En 2015 la direction des fouilles poussa le mauvais goût pour le macabre et le sordide, jusqu’à faire édifier une pyramide au milieu de l’amphithéâtre pour y exposer les moulages qui venaient d’être restaurés. On se serait cru dans la salle d’autopsie d’un centre médico-légal ! Autour les visiteurs sans doute en mal de gore, faisaient la queue et photographiaient à qui mieux mieux.

    Oui, il y a pour beaucoup et sans doute principalement pour les hordes de touristes qui sont déversés des cars le matin, un passage à Pompéi comme on va à la Tour Effel. « On a fait Pompéi » à l’instar de ces américains qui ont fait « Europe in 24 days ».

    On attendait mieux d’un auteur qui se dit ému par ce site.

    Livre profondément décevant et dont on peut s’épargner la lecture qui plus est avec une typographie exigeant une loupe et des reproductions en couleurs d’œuvres picturales scandaleusement mal imprimées et totalement sous exposées. Un comble à l’heure du numérique.


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  • Une fois de plus Ben Macintyre nous donne l’occasion de savourer son style et son talent pour rendre un sujet sérieux à la portée de tous. Paru en 2018 The Spy and the Traitor, chez Penguin Random House, et traduit en français par Henri Bernard et publié par les éditions de Fallois en 2019 sous le titre « L'Espion et le Traître », l’auteur nous raconte ici l’extraordinaire parcours de Oleg Gordievsky espion soviétique auprès du MI6 et MI5 de 1974 et ce jusqu’à sa défection en Mai 1985.

    Gordievsky est considéré à ce jour comme le plus grand agent secret du XXe siècle ayant entre autres fait d’armes permis d’éviter par les renseignements fournis qu’éclate une troisième guerre mondiale nucléaire en 1983 lors de l’exercice Able Archer 83 que les soviétiques considérèrent comme une menace réelle. Il fut enfin le premier à voir en Mikhaïl Gorbatchev le futur no 1, longtemps avant son arrivée au pouvoir.

    Enfin l’un des passages fascinant se trouve être l’épilogue, intitulé « Passport to Pimlico » qui rend compte de façon chronologique les trois jours au cours desquels Gordievsky avec le concours du MI6 réussi à s’enfuir de Moscou et se réfugier en Grande Bretagne. « Pimlico » était le nom de code de l’opération de sauvetage mise en place plusieurs années auparavant.

    Pour la petite histoire lors d’un des derniers contrôles à la frontière de la Finlande l’initiative de l’une des membres de l’expédition voyageant avec son bébé, réussit à détourner l’attention du chien policier intrigué par les odeurs émanant du coffre de la voiture où se cachait Gordievsky, en changeant les couches de son nourisson sur le coffre; l’odeur du contenu des couches souillées avec à propos par le bébé fit « fuir » le chien et son maitre ! On découvre aussi lors de la lecture la présence d’un jeune membre du KGB appelé à de hautes fonctions et qui aujourd’hui encore applique à la lettre les méthodes monstrueuses de cet organisme : Vladimir Poutine.

    C’est un pan entier de la guerre froide et de l’histoire mondiale qui est développé avec talent dans ce livre remarquable qui se lit comme un roman de John Le Carré.


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  • Depuis des mois nous sommes obligés de supporter un vétitable harcélement publicitaire sur les chaines nationales ou privées de télévision. Il ne se passe pas dix minutes sans que des messages plus stupides les uns que les autres viennent pollués débats, séries télévisées ou autres émissions que ce soit en direct ou les chaines de replay à l'exception de très d'entre elles.

    De même dès que l'on fait un achat, un coup de fil à une société de services ou autres il s'ensuit la réception d'un SMS venant vous demander d'évaluer le service. Bien entendu si vous avez la bêtise de vous prêter à cette mascarade, les questions posées sont faites pour vous amener à donner une note forcément positive! Les commentaires si disponibles sont limités en nombre de caractère de telle sorte que toutes critiques ne puissent être formulées de façon circonstanciée;

    On se demande ce que font les organismes censés protégés le public de ce genre de harcélement.

    Quand va-t-on avoir un minimum de respect du consommateur. On parle d'écologie à tour de bras, voilà une forme de pollution qui non seulement rend la vie insupportable mais vient en prime encombrer les réseaux déjà largement saturés par de soit disant réseaux sociaux dont on voit par de multiples exemples les dangers croissants (Qanon pour ne citer que celui là grand spécialiste de fake news et promoteur des théories complotistes).


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