• Nous ne sommes pas naïfs et savons tous que de nombreux individus plus ou moins au passé reluisant, pour ne pas dire d'organisations font métier de vendre des armes pour aider les nations à s'entre-tuer et assouvir leurs aigreurs, ou volonté expansionniste tant économique que territoriale ou idéologique. Citer des noms n'est pas politiquement correct mais chacun connait pertinemment les noms des marchands d'armes ayant plus ou moins pignons sur rue dans ce sinistre métier.

    L'auteur de ce nouvel ouvrage paru chez Taillandier cette année nous dévoile autant que ses sources le permettent, l'histoire plus ou moins rocambolesque de celui qui fut dès la fin du dernier tiers du XIXe siècle et ce jusqu'en 1930 environ le plus grand marchand d'armes au monde.

    Dans un style fluide et souvent moqueur et sarcastique l'auteur nous conte les péripéties de cet homme aux multiples patronymes, financier de haute volée, fort bien fait de sa personne, charmeur et séducteur tout autant de femmes que d'hommes politiques ou magnats de la finance et de l'industrie.

    Il fut pratiquement jusqu'à la fin de sa vie l'agent puis membres du conseil d'administration de la grande firme d'armement britannique, Vickers. On retrouve son nom tout au long du premier conflit mondial en particulier dans l'affaire des Dardanelles qui coutât la vie à de nombreux britanniques et français.

    Ses origines restent à ce jour mystérieuses, l'homme sachant parfaitement cacher son passé de jeune homme loin d'être celui d'un enfant de chœur.

    C es 260 pages se lisent pratiquement d'un trait comme un véritable roman policier aux allures souvent surréalistes. N'alla-t-il pas jusqu'à envisager d'acheter la principauté de Monaco comme cadeau à son amour de près de trente année en la personne de  Maria del Pilar ANtonia ANgela Patrocino Simona de Muguirtoy Beruete épouse légitime de Francisco Maria de Borbon-Braganza y Borbon, Duc de Marchena! Ouf!

    Basil attendra patiemment et discrètement la mort du duc pour finir par épouser la duchess qui hélas, décédera un an et demi après au désespoir de notre armurier!

    Lisez ce livre qui fera sans doute de vous un lecteur cynique car on ne peut s'empêcher d'exploser de rire devant les tours de passe passe et le génie de financier et de négociateur, maestro toutes catégories confondues en matière de bakchichs! N'alla-t-il pas jusqu'à se faire l'ami de Clémenceau avec qui il fut en tractations pendant la guerre de 1914-1918!


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  • Un des aspects peu souvent abordé est celui de l'espionnage aérien.

    Taylor Browning, professeur de l'Imperial War Museum et longtemps directeur de la chaîne télévisée Flashback où il produit plus de deux cents documentaires dont de nombreux films traitant de sujets historiques, consacre un nouvel ouvrage à ce sujet.

    Dès la première guerre mondiale et l'avènement de l'aéronautique dans le conflit, les britanniques ont perçu l'intérêt de la reconnaissance aérienne à des fins militaires. La fin du conflit et le développement d'une mentalité pacifiste exacerbée dans la période qui suivi le carnage de 1914-1918, fit tomber dans l'oublie  les connaissances acquises.

    A l'aube de la seconde guerre mondiale, le sujet redevint à l'ordre du jour. Les britanniques et dans une moindre mesure l'Allemagne Nazie remirent en place des équipes de volontaires pour reprendre ce sujet.

    Tout était à refaire: méthodes et matériels aériens performants permettant de photographier d'aussi haut que possible les zones militarisés ou les infrastructures industrielles et de communications permettant aux unités combattantes d'avoir le dessus sur l'ennemi.

    Il fallait ensuite posséder voire créer de toutes pièces les matériel permettant de décrypter et d’interpréter les clichés ramenés par les pilotes.

    Ces derniers étaient engagés dans de véritables missions suicides dans la mesure où pour alléger le poids des avions, Spitfire puis Mosquito, on les avait purement et simplement débarrassé de toutes armes leur permettant de se défendre en cas d'attaques aériennes.  Cela permettait aussi de leur donner des réservoirs supplémentaires garant de missions plus longues en vol allant jusqu'à plus de cinq heures d'autonomie. Enfin on devait compte du matériel photographique qui remplaçait les mitrailleuses et était loin des progrès acquis en matière de miniaturisation que nous connaissons aujourd'hui sans parler de l'utilisation du numérique.

    C'est à Danesfield House près de Medmenham que fut basée la principale unité de reconnaissance aérienne britannique pendant la seconde guerre mondiale.

    Dans son livre l'auteur nous détaille par le menu l'évolution , l'ingéniosité mais aussi le courage de ces pilotes et de ces hommes mais de ces femmes engagés dans ce travail exigeant patience, disponibilité 24h sur 24 et qui dans bien des cas  ont joué un rôle déterminant dans l'évolution du conflit et son résultat final.

    Ils sont souvent dû lutter contre les conservatisme et le scepticisme des chefs d'Etat Major; le plus patent qui coûta la vie à de nombreux combattant fut celui qui marquât l'opération Market Garden en 1944. Montgomery refusa de prendre en compte l'avertissement qu'un des lieux de largage de combattant se trouverait en pleine ligne de mire d'une unité de panzer en maintenance dans un bois à quelques mètres de là. On alla jusqu'à conseiller ou plutôt mettre en permission forcée l'interpréteur de la photo qu'on accusa à tort de surmenage... Le film "Un pont trop loin" montre parfaitement cet épisode et ses conséquences tragiques.

    L'évolution progressive de cette compétence se poursuivit largement au delà du premier conflit mondial, aidée en cela par les progrès tant en informatique qu'en aéronautique, photographique et spatiale dont l'un des protagonistes ne fut autre que le concepteur des sinistres V1 et V2, Werner Von Braun qui échappa au procès de Nuremberg grâce aux Américains.

    Livre passionnant montrant jusqu'à quel degré de cynisme les alliés pouvaient aller en particulier dans le traitement du massacre des juifs dans les camps de la mort. En effet par le plus pur des hasards un des pilotes le 23 août 1944 pris sans le savoir un cliché du camp d'Auschwitz en plein activité. On y voit éclairement un train à quai débarquant les malheureuses victimes tandis qu'à l'opposé du camp une sinistre fumée noire marque le lieu du charnier où faute de place dans les fours crématoires les monstres Nazis finissaient leur sinistre besogne. Il fallut la découverte par hasard du cliché soigneusement caché dans les archives britanniques sur ordre des états majors américains et britanniques, en 1979, pour que le scandale soit mis aux yeux du public. Rien n'avait été fait pour permettre la rupture de la chaîne "d'approvisionnement" ferroviaire sans pour autant risquer de tuer les malheureux otages.

    Un livre qui complète fort bien ceux consacrés aux espions et agents doubles dont j'ai parlé précédemment.

     

     


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  • Je rassure tout de suite mes lecteurs je ne suis pas allé voir cette M...e car je respecte trop le talent d'homme de théâtre du très grand Georges Feydeau pour donner le moindre centime à une équipe qui avec la complicité d'un ancien sociétaire de la Comédie Française, est trahi de la façon la plus abominable que ce soit. On n'a pas besoin de voir le film, il suffit simplement de comparer les noms des personnages entre l'original créé en 1896 au Palais Royal, à la monstruosité vulgaire qu'a commis ce trio de scénaristes constitué par Jalil Lespert (réalisateur du film), Guillaume Gallienne et Fadette Drouard.

    Non messieurs, non Madame, on ne se permet pas si l'on se prétend cultivé, de changer une virgule aux pièces d'un des génies du théâtre de boulevard, peintre de talent d'une époque et de sa société. Vous êtes incapables d'en atteindre le bout de son petit orteille vue votre médiocrité!

    Voici les noms des personnages de l'original (figure en regard la distribution de la création):

     

    Pontagnac : MM. Huguenet

    Vatelin : Gobin

    Rédillon : Raimond

    Soldignac : Gaston Dubosc

    Pinchard : Maugé

    Gérome : Francès

    Jean : Mori

    Victor : Dean

    Le Gérant : Garandet

    Premier Commissaire : Colombet

    Deuxième Commissaire : Garon

    Lucienne Vatelin : Mmes Jeanne Cheirel

    Clotilde Pontagnac : Andrée Mégard

    Maggy Soldignac : Alice Lavigne

    Mme Pinchard : Bilhaut

    Armandine : Mary Burty

    Clara : Narlay

    Agents, Voyageurs et Voyageuses

     

    Voici la mascarade de vulgarité de Messieurs Lespert et Galliène et leurs interprêtes:

     

    Dany Boon : René Vatelin

    Guillaume Gallienne : Monsieur de Pontagnac

    Alice Pol : Victoire Vatelin

    Ahmed Sylla : Ernest Rediop

    Laure Calamy : Madame de Pontagnac

    Camille Lellouche : Jacqueline

    Holt McCallany : Wayne

    Henri Guybet : Jérôme

    Jessica Sherman : Suzy Wayne

    Eric De Staercke : Monsieur Van Der Broeck

    Catherine Claeys : Mme Van Der Broeck

    Estéban : Le réceptionniste

    Maxime Mallet : Jean

    Elisa Ruschke : Clara

    On n'en dira pas plus. Voilà à quoi un sociétaire du Français qui donnait des leçons de culture à une ministre lors de la soirée d'adieu de Nicolas Le Riche à l'opéra en 2014, se commet! Il faut dire que rien ne l'arrête! J'en veux pour preuve que lors de cette soirée d'adieux alors que je sortais du vestiaire au niveau de l'orchestre et que Monsieur Galliène sortait des toilettes, ce dernier m'envoya du "bonsoir, cher ami" alors qu'il ne me connait pas. Remarquez il faut surtout ne pas risquer l'occasion sait-on jamais au cas où la personne croisée pourrait servir pour sa carrière!! Tout est bon dans le poulet!

    Non messieurs, Non madame, Pontagnac n'a pas de particule et Redillon est autrement plus drôle que votre Rediop sorti d'on ne sait où pour ne citer que ces deux créations de vos petits cerveaux. Quant aux personnages à aucun moment Feydeau ne nous donne leurs prénoms exceptés ceux de Rédillon et de Jérôme son valet de chambre.

    Voilà le niveau de délabrement de la culture française  tout particulièrement représentée par un acteur qui a appartenu à une maison censée protéger le patrimoine théatral de notre pays. Et l'on donne des subventions à ce théâtre en perdition depuis près de trente ans.

    Il y a dans toute cette histoire une petite consolation, le film à sa sortie depuis septembre toutes salles confondues (678) n'a fait en deux semaines que 215794 entrrées, il y a une certaine justice en ce bas monde et les producteurs auront du mal à couvrir les 14 millions qu'il aura coûté.


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  • Il est un aspect de la personnalité de Churchill qui a rarement voire jamais été abordé, celui de son attitude et de ses rapports avec les chefs militaires qui ont travaillé à ses cotés.

    Carlos d'Este, lieutenant de l'armée américaine surtout connu pour sa remarquable étude du débarquement du 6 Juin 1944 (1983), a comblé cette lacune par une étude tout aussi remarquable en 2008 et dont la troisième ré-édition est sortie chez Tempus en 2019.

    On y découvre un aspect peu connu de la vie de cet immense homme d'Etat, inégalé à ce jour que fut Churchill.

    D'Este nous fait revivre depuis sa plus tendre enfance, les tribulations, coups de tête, colères, acharnement au travail, épuisant ses collaborateurs au bord de la crise de nerfs et dormant debout à des deux et trois heures du matin, cet hallucinant personnage.

    Churchill aimait la guerre pour ses aspects stratégiques et la détestait pour sa férocité croissante tout au long du XXe siècle.

    On retrouve dans son attitude et sa passion pour la stratégie le petit garçon qui jouait aux soldats de plomb, chef dès l'âge où l'on aime les contes de fées s'imposant à ceux qui jouaient avec lui. Il était bien entendu que seul lui gagnait les batailles!

    Pourtant ce fut un stratège aux idées dangereuses, responsable des échecs et des carnages de Dieppe, de Norvège, de Galipolli, de Grèce et de Crète sans parler de tous ceux qui auraient pu avoir si les Etats Majors ne s'étaient pas opposé à ces fantaisies coûteuses en vies humaines.

    Ses colères furent mémorables, son romantisme à leur auteur.

    Inconséquent parfois, arrogant disant au Recteur de l'université de Harrow qui lui reprochait son peu de travail "Monsieur j'ai lieu d'être mécontent de vous", et Winston de répondre:" Et moi aussi j'ai toutes les raisons d'être autant mécontent de vous"!

    Insouciant comme le raconte une de ses secrétaires débutantes n'osant pas lui dire que sa couverture sur son lit alors qu'il dictait, avait pris feu, alla avertir son garde du corps. Revenant dans la chambre avec ce dernier, déjà envahi par la fumée, il s'adresse à Premier ministre: "Je crois monsieur qu'il faudrait sortir de la pièce" et Churchill de répondre voyant les dégâts s'aggraver: "Ah oui, peut-être, vous avez raison"!

    Livre passionnant fourmillant d'anecdotes sur cet homme, d'un courage et d'une volonté exceptionnelle, à qui non seulement la Grande Bretagne doit d'avoir été sauvée des griffes du monstre hitlérien, mais sans doute le monde dans son ensemble.

    Un livre à lire absolument.

     


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  • Les photos parlent d'elles-mêmes...

    1993 au cours d'une rando de 6 jours  partie de Morzine pour finir à Samoeïns en Haute Savoie avec un super guide Claude Tissot; Merci Claude si par hasard tu passes par ici.

    Le Glacier des Chambres et son lac en finale:

    Vous avez dit réchauffement climatique?

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Ce qu'il est devenu en 2011...

    Le Lac des chambres 2011


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