• Je viens de voir pendant dix minutes  sur Mezzo ce massacre d'un des chefs d'oeuvre de l'art lyrique, poursuite de cette mode actuelle des relectures par des individus qui se croient supérieurs aux plus grands compositeurs de musique et d'opéras.

    Je ne sais plus où en Allemagne ce fut un Turandot au night club Turandot, a Bayreuth la tétralogie dans une station service Texaco, dans une autre ville d'Allemagne le poncif des Nazis amena le metteur en scène à mettre des chambres à gaz je crois dans Lohengrin!

    Ça va durer combien de temps ce massacre, ce gout pour la laideur, il ne suffit  pas d'ailleurs de voir comment aujourd'hui la plupart des femmes s'habillent, on les croirait revêtues de la nappe de leur cuisine ou du guéridon de la chambre à coucher, quant à elles et aux hommes le comble de la vulgarité est maintenant le tatouage autrefois signe distinctif des loubards et des bas fonds portuaires!

    Rêver, oublier pendant deux heures nos soucis en tous genres était le propre du théâtre et de l'opéra et du ballet; non, directeurs et metteurs en scène ont décidé que nous devions nous prendre la tête et continuer à ruminer nos problèmes ancillaires et de bureaux voire de retraités car nous aussi on en a. Et un public idiot et snob payant plus de 150 euros, va voir et la critique encense par snobisme ces divagations de soit disant artistes avec, ce qui est pire, la complicité scandaleuse des interprètes sensés servir les œuvres qu'ils jouent et non pas SE servir de celles-ci à des fins de scandale et de soit disant notoriété.

    Si encore on peut appeler de la danse ces gesticulations sans rimes ni raisons qui fait croire à Madame De Keersmaeker qu'elle fait de la danse, Dieu sait si j'aime la danse et ne suis nullement hermétique à la danse moderne, mais là c'est se foutre de la gueule du public!

    Voilà une raison de plus de fuir l'Opéra de Paris sous la coupe de Lissner, cette nouvelle calamité qui dirige la grande boutique!


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  • Le cerveau nous joue des tours pas toujours agréables. Je ne m'attache pas à mes cauchemars dieu merci, mais celui ci dont je me rappelle l'intégralité, me ramène à des réflexions faites ces derniers temps.

    Je me voyais discutant dans une librairie parisienne avec un vendeur qui tentait de m'arnaquer sur un livre d'art consacré à la Comédie Française. Il voulait me le vendre plus de 200€, me faisait payer à peu près la même somme, je revenais au magasin le rendre faisant jouer mon droit de rétractation et le menaçait de faire sa pub ici même sur ses agissements malhonnêtes. Le livre était un peu usager et comportait un défaut d'impression justifiant un prix nettement inférieur comme nombre de ses bouquins.

    Le libraire a existé. Le libraire a disparu, ma dernière visite date d'environ 20 ans. Il se situait passage Choiseul à Paris, non loin de la sortie menant à la rue St Augustin près de la rue du 4 septembre. On y trouvait des étalages surchargés de livres d'art comme sur un certain nombre de trétaux de vendeurs à la sauvette sur les trottoirs de Paris. Il avait aussi des cd rares, épuisés chez les disquaires, dans le magasin également des livres sur des sujets divers, tous dont l'édition était épuisée. C'était avec un peu plus loin au passage Vivienne, le bouquiniste qui lui existe encore, mon lieu de flânerie voire de ruine à midi après être allé déjeuner au self de la banque rue Thérèse. J'y ai trouvé un coffret superbe de l'histoire de la réalisation des décors de Don Juan de Mozart pour le Festival d'Aix en Provence bien avant que les installations scéniques actuelles ne soient en place.

    Pierre Jean Jouve signe cet essai, il était un philosophe renommé de la première moitié du XXe siècle. Cassandre de son vrai nom Adolphe Jean Marie Mouron, était un graphiste, décorateur de théâtre connu entre autres pour son affiche du paquebot Normandie en 1930. A l'opéra de Paris il signa de nombreux décors dont celui magnifique par sa sobriété pour le ballet Mirages  créé le 15-12-1947 chorégraphié de Serge Lifar sur une musique de Henri Sauguet, avec entre autres Michel Renaud danseur étoile de l'opéra de Paris, puis professseur jusqu'en 1987, 4 ans avant sa disparition.

    Don Juan- Le Cimetière - Cassandre

     

    La salle du dernier repas de Don Juan avec le Commandeur - Cassandre

     

    Pour en revenir au livre ci-dessus il était numéroté, dans un coffret sobre. Je l’acquérais je me souviens pour l'énorme somme de 30 FRF! De même chez le même libraire du passage, je découvrais le coffret publié avec le concours de la Caisse des Dépôts en 1987, à l'occasion de la réouverture du Théâtre des Champs Elysées nouvellement restauré et contenant outre l'histoire du Théâtre, celle de la restauration et complété par un disque 33 tours de concerts donnés au théâtre entre 1948 et 1960 par Ingelbrecht et Desormière à la tête de l'Orchestre National de Radiodiffusion Française ainsi qu'une VHS de la réalisation des travaux. Edition numérotée également bradée pour je ne sais quelle raison. Celui qui la possédait ne se rendait pas compte de ce qu'il avait entre les mains le pauvre!

    Chez mon bouquiniste passage Vivienne ce sont deux autres merveilles: la brochure du Pain ménage de Jules Renard annotée de la main d'Yvonne Printemps épouse de Sacha Guitry et une édition numérotée du Guerre et Paix de Tolstï avec dit la notice une dessin original de Picasso, de l'écrivain assis à son bureau; je me dis que je devrai le faire expertisé et je remets toujours la chose au lendemain.Est-ce un original? Vraiment j'en doute!

    Aujourd'hui mon libraire passage Choiseul, pourvoyeur de tant de petits joyaux de ma bibliothèque, a disparu victime du délabrement culturel exponentiel de notre pays et du reste du monde d'ailleurs. 

    A une époque les moyens technologiques en croissance exponentielle, s'accompagnent de la chute des connaissances culturelles et se poursuit au même rythme. On croit être cultivé parce qu'on fait une recherche sur Google ou qu'on lit un livre sur une tablette, mais on oublie le petit détail de ces systèmes qui sont beaucoup plus éphémères que la possession de l'ouvrage imprimé. Aurait-on encore aujourd'hui des traces des œuvres d'un Homère, d'un Rabelais ou Molière avec nos moyens actuels de diffusion? J'en doute sérieusement. 

    Je ne suis pas un opposant au progrès technologique, et de loin; quand on a été l'un des rares en 1972 à promouvoir l'utilisation de l'informatique en Analyse Financière et créé la première banque de données financières Française en 1983, Selecval, on ne peut m'accuser d'un tel retard mental.

    Mais je crois fermement que pour que notre jeunesse puisse vraiment savoir lire, écrire, parler dans un français correct, le support papier est indispensable. Que notre ministre de l'éducation nationale ne l'oublie pas sans cela ses réformes si judicieuses soient-elles, seront vouées à l'échec.

    Il faut apprendre à nos jeunes que posséder un Smartphone n'est pas la réponse à tout et n'est nullement synonyme de communication et de pérennité de la culture pour ne pas dire de l'information tout simplement, de notre histoire nationale et mondiale.

    C'est en se souvenant et en en ayant les moyens de s'en souvenir qu'on évite des erreurs qui peuvent avoir des conséquences économiques, financières et sociales, humanitaires, catastrophiques.


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  • Quelques photos de mes ballades ces derniers jours...

    Paris sera toujours Paris...

     

    Paris sera toujours Paris...

     

    Cour de l'Hôtel de Sully

    Paris sera toujours Paris...

     

    La Place des Victoires

     

    Paris sera toujours Paris...

     

    Statue de Louis XiV par Bozio

    Paris sera toujours Paris...

    Le Passage Vivienne un des premiers passages construits à Paris en 1823 qui permettait aux Parisiens de se promener à l'abri de la pluie et de la boue; un décrotteur à l'entrée du passage était préposé au nettoyage des chaussures des passant de toutes les matières nauséabondes de la rue non pavée et sans trottoir à l'époque.

    Paris sera toujours Paris...

    La rotonde de la Galerie Colbert. Le 29 Juillet 1830 Hector Berlioz d'une fenêtre de la Galerie entonna la Marseillaise reprise en coeur par la foule entassée dans la galerie. La révolution de Juillet venait d'éclater; le Maréchal de Marmont, Duc de Raguse fit cette sortie à Charles X: "Sire ce n'est pas une émeute, c'est une révolution". Le roi abdiquat faisant place à l’avènement de Louis Philippe.

    Paris sera toujours Paris...

    (Toutes ces photos sont ma propriété et protégées par un copyright et ne peuvent être utilisées sans mon accord écrit.)


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  • Hier soir rediffusion sur Mezzo Live HD de la production du Don Juan de Mozart au Festival d'Aix en Provence 2017.

    Commentaire de Telerama: Faute d'une vision globale, l'opéra de Mozart mis en scène par Jean-François Sivadier ne convainc pas complètement. Mais séduit par la qualité de l'interprétation, tant instrumentale que vocale.

    Ils sont gentils! Jusqu'où ces metteurs en scène ont-ils l'intention de massacrer les chefs d'oeuvre de l'art lyrique mondial.

    Petits prétentieux en mal de publicité, incultes sur le plan musical, ayant survolé les livrets quand encore ils l'ont fait, méprisant des compositeurs de génie à la cheville desquels ils ne sont pas prêts d'atteindre, leur seul titre de gloire s'appelle la laideur.

    Que fait au final de l'opéra, Don Juan en slip sur le fond de la scène, qu'apportent à l'action une gestuelle ridicule qui fait plus penser à une séance de cours du ClubMed Gym? Monsieur Jean-François Sivadier devrait lire les conseils de Louis Jouvet ou d'un Copeau: tout geste, tout déplacement, tout élément de décor qui ne fait pas avancer l'action est à proscrire car il constitue une scorie au plan de la mise en scène. Il en est de même pour le théâtre tout court en ce qui concerne les intonations dans le jeu des acteurs, les mimiques des visages. C'est une règle d'or de la mise en scène, incontournable que cela plaise ou non à ces messieurs souvent gauchistes et qui bien souvent ne sont jamais montés sur un plateau et on décrété que leurs ainés sont des incapables qui auraient dû apprendre de leurs soit disant expérience de la scène.

    Le pire c'est un public imbécile qui applaudit à tout rompre des chanteurs qui n'en déplaise à Télérama, étaient loin d'être du niveau qu'exige une telle oeuvre, mais aussi faut-il en partie les excuser car se contorsionner comme ils devaient le faire pose aussi un problème pour se concentrer au plan vocal.

    Comment des chanteurs qui sont sensés être des amoureux de musique et d'opéra, peuvent-ils avoir l'arrogance de cautionner de pareilles productions par leur participation. Si c'est pour le fric, c'est pitoyable.

    Pauvre Mozart pour lequel toute une génération montre un tel mépris.

    Quelques soirs avant c'est le massacre de la Damnation de Faust donné sauf erreur sur Arte, je ne sais où, et un Nabucco ailleurs, pâle imitation du Senso de Visconti histoire pour le metteur en scène de faire croire qu'il est un cinéphile. Le sommet du ridicule était atteint lorsque l'héroïne au dernier acte annonce qu'elle est "là étendue inanimée.." alors qu'elle se promenait sur le plateau avec les bras en croix. On accepte pour la beauté du chant ces expirations pendant 10 minutes d'horloge, mais qu'au moins le futur pauvre défunt qui trépasse, soit dans la position pour le faire!

    Sinistre XXIe siècle où la laideur est promue au rang de dogme, femmes ne sachant plus s'habiller au point que certaines donnent l'impression d'avoir mis autour de leur taille la nappe en plastique de leur cuisine et les hommes nous gratifient de leur barbe même pas entretenue et de leur jeans destroy cela jusque dans les salles de spectacle tel l'Opéra de Paris et pas seulement au poulailler.


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  • Cette remarquable biographie publiée en 1995 a fait l'objet depuis de deux rééditions, la dernière en 2002 à l'occasion du bicentenaire de la naissance du grand écrivain et du transfert de ses cendres au Panthéon.

    Il aura fallu 132 ans pour que ce pays rende l'hommage qui se devait à l'un des plus grands écrivains du XIXe siècle. On préfère de nos jours célébrer des footballeurs qui ne créent strictement rien, des stars de cinéma qui n'ont pour la plupart comme talent que leur physique combien éphémère.

    Cette biographie par les nombreuses citations des lettres de l'écrivain et de ceux qui l'ont connu, c'est un peu comme si Dumas lui-même l'avait écrite tel un résumé de ses Mémoires qui eux ne couvrent qu'une partie de sa vie.

    Claude Schopp réussit le tour de force de nous donner un texte dans un style à la Dumas. On lit son livre comme les Trois Mousquetaires ou le Comte de Monte Cristo. On n'arrive pas à quitter l'ouvrage. 

    Dumas sort de ce livre avec toute sa complexité de caractère, à la fois exaspérant par cette certitude qu'il a d'être un grand écrivain, par ses débordements financiers, par son coté Don Juan. Mais ce Don Juan est aussi sympathique car il ne brille pas par le vice comme le vrai ou comme Casanova. Dumas ne peut s'empêcher de courtiser, d'aimer et même après une rupture il veillera souvent au bien être de son ex maîtresse dans la mesure des moyens qu'il aura su trouver sous sa plume ou celle de ses éditeurs ou amis.  Nombreux sont ceux qui ont tenté en vain  de lui redresser ses finances mal en point, amis, secrétaire, enfants - Alexandre devenu grand et célèbre ou Marie sa fille.

    Dumas est pour la littérature ce que Wagner fut pour la musique à savoir dans les deux cas des paniers percés. Sans le soutien financier de multiples amis, il n'aurait pas pu mener ce train de vie incroyable et faire face à ses nombreux créanciers.

    Dumas adore ses enfants  et dès son plus jeune âge prédit à son fils la célébrité; est-ce là une de ses capacités en tant que médium, fantaisie qui le prend  au cours de ses multiples activités et passions?

    C'est un naïf qui se fait gruger allègrement par toutes sortes de parasites voire des escrocs, qui profitent entre autres de son républicanisme et de sa haine et son désir de venger son père le général d'Empire mort dans les geôles du roi de Naples. L'épisode où il rencontre et participe avec Garibaldi aux événements de Sicile et Napolitains est typique de cet enthousiasme et cette fougue quasi juvénile de cet homme presque septuagénaire. Plus tard Dumas se fera avoir par un escroc qui lui proposera de participer à la libération de l’Albanie et d'en faire une république.

    On reste abasourdi par la capacité de travail de l'écrivain. On a longuement tapé sur l'auteur aidé par des collaborateurs, le principal d'entre eux, Auguste Maquet. Des pamphlets vengeurs de son vivant on pris un malin plaisir à dénoncer sa façon d'écrire. Maquet dans une lettre a mis les faits à leur place.Cela ne l'empêchera pas plusieurs années après de se contredire et de tenter d'obtenir des fonds de l'auteur, cela se terminera devant les tribunaux à l'avantage de Dumas. Dumas travaille entre 12 et 15 heures par jour. Il fera dans les dernières années de sa vie des conférences non seulement aux quatre coins de la France même à l'étranger, allant jusqu'à Vienne ou Madrid. On le sollicite à New York.On ne se déplace pas, même avec le train, à la vitesse de nos TGV à l'époque. Quelle santé!

    Jouisseur sur le bout des dents et du palais, il est un gourmet et un gros mangeur, un fin cuisinier. Comment n'a-t-il pas eu de problèmes cardio-vasculaires dès son plus jeune âge, le veinard?!

    Dumas a fait face au défaut majeur des Français: leur caractère envieux. "Je rentre à Paris et l'Envie" écrit-il... Réussissez quand vous êtes jeune, vous verrez comment l'on vous traitera. L'actuel Président de la République fait largement les frais de ce vice national. On juge avabt les résultats, procès d'intentions, etc... De quel droit a-t-on la prétention d'être brillant à moins de 50 ans voire plus jeune!?

     

    Quand le livre s'achève sur la très jolie lettre que Victor Hugo adresse à Dumas fils s'excusant de ne pas avoir pu venir aux obsèques de son ami, on a soi même lecteur comme l'impression d'avoir perdu un ami et c'est tout juste si l'on n'a pas la larme à l'oeil. 

     

    Cet après midi me promenant sur les quais, je furetais chez les bouquinistes et dénichais un ouvrage que je n'avais pas lu, "L'affaire Clémenceau" de Dumas fils. Edition de 1888 de chez Calmann Lévy. Reliure comme neuve et quelques rousseurs. Je discutais avec le vendeur et il me disait que grâce à Dumas père il commença à lire à l'age de 11 ans et à aimer la lecture et l'histoire.

     

    Quel plus grand compliment pour un écrivain. Dumas lui-même reçu d'un ouvrier de Marseille ce même compliment, ce lecteur ajoutant que la lecture des romans lui avait appris l'histoire et à l'aider à avoir un peu de culture. Dumas est le père du roman historique et le quasi fondateur du romantisme au théâtre. Jacques Sereys sociétaire honoraire de la Comédie Française regrettait lors d'une de ses conférences, que le théâtre des deux Dumas soit tant négligé. Mais là encore on préfère aujourd'hui les Baffie, Ruquier et autres nullités, à ceux qui savent écrire en bon français.

     

    Dumas aura manqué son entrée à l'Académie Française, là encore comme le dit l'un des auteurs cités dans la biographie, on a préféré des médiocres pour ne pas dire des nullités qui eux faisaient moins de vagues...

     

    Peu ou pas d'auteurs contemporains peuvent se prévaloir aujourd'hui d'un pareil succès.

     

    Lisez cette biographie, vous vous amuserez follement.


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