• Crete 1941 -The battle and the resistance de Antony Beevor

    Je ne sais si ce livre a fait l'objet d'une traduction française et il la mériterait sans contexte comme tous ceux écrits sur la seconde guerre mondiale par cet historien britannique de tout premier plan. Donc si ce n'est pas la cas je m'en excuse auprès de mes lecteurs et m'adresse à ceux qui connaissent la langue anglaise.

    Beevor a publié cet ouvrage en 1991 d'abord sous le titre de Crète. La réédition que j'ai lu date de 2014 et correspond encore une fois aux manifestations marquant le 70e anniversaire du débarquement. 

    Je le dis dans ma critique des mémoires de Churchill, jusqu'à la fin de la la guerre celui ci fit une fixation  sur les Balkans et sur la Grèce. Il ordonna au général Wavell en pleine percée victorieuse en Libye de détourner une partie non négligeable de ses forces en direction de la Grèce à la veille d'être envahie ainsi que la Yougoslavie et l'Albanie par les Allemands et les Italiens.

    Les grecs furent au départ en mesure de tenir tête et de mettre à mal les troupes de Mussolini mais par la suite mis en difficulté, la Grande Bretagne qui se considérait un devoir d'honneur de leur porter secours vinrent les soutenir et le tout tourna au désastre et s'acheva par un nouveau Dunkerque. Les troupes principalement britanniques et Australasiennes fuirent vers la Crête que là encore Churchill voulu à tout prix garder comme tête de pont pour entre autre faire de Suda Bay un nouveau Scapa Flow pour la marine anglaise. Le commandement fut confié au général et ami du premier ministre ,Bernard Cyril Freyberg, 1ᵉʳ baron Freyberg, né le 21 mars 1889 à Richmond et mort le 4 juillet 1963 à Windsor, un général néo-zélandais.

    Sans aucun doute ce dernier avait-il des qualités incontestables mais son grave défaut comme le souligne Beevor et lui aussi de faire des fixations au point gravissime de prendre ses désirs pour des réalités alors que les services de renseignements britanniques par le moyen très efficace d'ULTRA lui donnait toutes le informations fiables sur les opérations allemandes à venir.

    Rappelons que durant la Seconde Guerre mondiale, à partir de juin 1941, les services de renseignements militaires britanniques ont appelé Ultra les méthodes utilisées pour le renseignement d'origine électromagnétique, obtenu en brisant le chiffrement de haut niveau des transmissions ennemies captées par les radios et les téléscripteurs du Government Code and Cypher School (GC&CS, ancêtre du service du renseignement électronique du gouvernement britannique) à Bletchley Park. C'est entre autres grâce au  génie de Alan Turing et l'aide de ses collaborateurs que pu être décrypté le système Enigma utilisé par la marine allemande dans la bataille de l'Atlantique. Turing est considéré de façon unanime comme le père de l'informatique.

    Freyberg était persuadé que les Allemands allaient attaquer la Crête par la mer en une vaste opération maritime. Hitler s'était laissé convaincre après le succès en Belgique de la prise par des parachutistes du fort de Eben Emael, de renouveler cet exploit avec une importante division aéroportée sous les ordres du général Kurt Student son auteur. L'Allemagne se faisait des illusions sur la population crétoise et croyait qu'elle serait accueillie à bras ouverts. C'était sans compter sur le nationalisme crétois qui se mobilisa comme un seul homme tout au long de la guerre et fut sans doute le seul pays où toute la population se souda avec la résistance locale et les alliés malgré les multiples courants politiques tant nationaliste républicains, que monarchistes ou communistes.

    Freyberg considéra l'attaque aéroportée comme une manœuvre de diversion tout comme 3 ans plus tard Hitler s'entêtât à croire que le débarquement de Normandie ne constituait qu'une diversion par rapport à un débarquement sur les côtes nord de la Manche. Ce qui est grave dans l'affaire, c'est que les informations reçues par Freyberg venant d'ULTRA faisaient toutes état d'un débarquement aéroporté.  Quand celui ci se réalisa les parachutistes allemands furent les cibles faciles et sans défense des unités alliées et des défenseurs civils ou paramilitaires du pays, le Reich connu un véritable désastre en termes de nombres de morts, blessés et prisonniers tandis qu'inconscient Freyberg ne faisait rien pour protéger les différents aéroports où des unités ennemies réussirent à s'implanter tout de même. De jour en jour les troupes du Commonwealth qui au départ avaient la supériorité, se retrouvèrent en position de faiblesse pour finir par une nouvelle évacuation laissant sauf erreur près de 5000 soldats devenir prisonniers dans l'île. Par la suite avec l'intervention des résistants locaux et du SOE britannique il fallu quatre ans à la Crète pour chasser les allemands  qui entre temps à chaque sabotage ou exécution de leurs soldats s'en prirent aux civils, détruisant villages, œuvres d'art Vénitiennes et exécutions sans jugement.

    Beevor raconte ces faits avec sa maestria habituelle et son style simple et direct et fait de ce livre sur l'un des aspects les plus contestables des interventions promues par Churchill, un ouvrage de référence pour tous ceux que cette période majeure de l'histoire mondiale intéresse.

     

     


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  • Commentaires

    1
    Mardi 31 Janvier à 00:03

    Douce nuit Claude,

    je n'ai même plus la force de lire en tançais tôt ce que tu as écris.

    Bise.

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