• La chute de la troisième République de William L. Shirer

    Ce livre paru en 1969 chez Simon & Schuster est un monument de près de 1000 pages qui fait le point sur les causes de la chute du régime et la débâcle française de Juin 1940 qui amenât à l'occupation de la France par le sinistre régime Nazi.

    Shirer nous entraîne au fil des chapitres dans le dédale du régime mis en place en 1876 et qui verra défiler la bagatelle de 107 gouvernements; le seul régime de notre pays ayant tenté de faire mieux dans le genre fut celui de la quatrième république de 1946 à 1957 avec 21 gouvernements et Présidents du conseil (nom donné au 1er ministre à l'époque) et que nombre de députés de gauche comme de droite verrait resurgir d'un bon œil pour se prêter au petit jeu des chutes de ministères et des magouilles financières et de toutes sortes dont leurs ancêtres s'étaient fait une spécialité.

    La grande qualité du livre de Shirer est de savoir (en tous cas dans la version  originale en anglais, mais il existe une version française pour les non anglophones) mettre l'histoire à la portée du lecteur non spécialiste en utilisant un langage simple et direct sans effets de manche et des airs de professeurs d'université.

    Ce fut d'ailleurs l'un des multiples reproches qui fut fait à ce livre par la critique savante des universités dans le monde. Critique qui lui fut asséné également quatre ans auparavant pour un autre chef d'oeuvre incontesté celui là, son livre  la Montée et chute du troisième Reich. Ce dernier ouvrage est encore aujourd'hui considéré comme une référence sur cette période désastreuse de l'histoire de l'Allemagne et du globe.

    Là où Shirer devrait être critiqué c'est sur le plan adopté. En utilisant un plan strictement chronologique dans lequel il aborde chaque fois les aspects politiques, économiques, sociaux, militaires et culturels causes de la chute, il finit par se répéter.

    Il eut été peut-être plus efficace de diviser le livre en ces cinq composantes et au sein de ces cinq grandes parties de montrer comment elles ont évolué dans le temps. Enfin de conclure en un épilogue plus étoffé comment l'aboutissement de ces diverses composantes se sont conjuguées pour faire chuter le régime et créer un climat tel de lâcheté de la part tant de l'armée que de la population qui laissa le champ libre à l'invasion Nazi.

    Il ne faut pas non plus oublier dans la motivation de certains critiques américains de descendre en flammes le livre, les relents de la période McCarthiste qui venait à peine de s'achever outre Atlantique et dont Shirer fut l'une des victimes. En 1947 il fut accusé de sympathies communistes, fiché par le FBI bien au delà de  cette sinistre période de l'histoire américaine, mis à la porte par William Paley et Ed Murrow respectivement président de CBS et directeur général de la société sous le soit disant prétexte que l'audience de l'émission qu'il animait était en forte baisse alors que le sponsor l'avait directement avisé que l'on ne gouttait pas ses opinions libérales et mettait de ce fait fin au sponsora de l'émission. Pendant plus de 10 ans et jusqu'au succès sans précédent du livre sur le Reich, Shirer fut sans emploi fixe, obligé de courir le cacheton en donnant des conférences au travers du pays. Son amitié avec Ed Murrow, un des pionniers de la transmission d'informations à la radio dont il fut le correspondant à Berlin, fut brisée et Shirer ne pardonnât jamais et à juste titre jusqu'au décès de Murrow, que ce dernier n'ait pas eu le courage de s'opposer violemment au déni de justice dont il était la victime.

    Pour en revenir au livre, cet ouvrage est indispensable pour comprendre comment notre pays est tombé si bas. Par ailleurs il ressort de sa lecture un parallèle tout à fait évident avec la période que nous vivons grosso modo depuis l'arrivée de Mitterrand au pouvoir en 1981. On observe en effet, tout comme pendant la période 1875-1940, une dégringolade du sens des responsabilités non seulement de la tête du pays et des élus d'une façon générale, mais également une résurgence du caractère fondamentalement léger du français moyen qui comme l'écrivait pour le Parisien en 1782, Louis Sébastien Mercier dans son Tableau de Paris, trouve à rire toujours des choses sérieuses. On peut ajouter qu'il ne respecte jamais les lois qui sont promues et se fait une gloire de les enfreindre. Un tel comportement au niveau du Français moyen se retrouve alors décuplé au niveau des dirigeants à de très rares exceptions. Le comportement des uns et des autres passe avant tout par la compromission tous azimuts. Un autre phénomène perdure la difficulté de faire comprendre à nos concitoyens que refus de l'ouverture d'esprit sur les progrès technologiques et le refus de la nécessaire formation permanente de l'individu pour actualiser ses connaissances ne sauraient être tolérés. A titre d'exemple, les Généraux Gamelin, Weygand et le maréchal Pétain tous trois considéraient que l'aviation et les tanks n'auraient jamais un rôle déterminant dans une bataille. Weygand passionné de chevaux en était à la veille de la guerre à demander que l'on étoffe les divisions à cheval dans l'armée française! Le soldat à cheval ne risquait pas de resister longtemps devant l'armada de panzers qui défilât du couloir des Ardennes en Mai 1940.

    Si le livre ne fut pas accueilli avec faveur en France à l'époque il ne faut pas s'en étonner vu le peu d'envie du Français à faire son autocritique quand il fait des erreurs.

    Nous sommes aujourd'hui dans une même situation face au problème terroriste et intégriste qui déferle autour du bassin méditerranéen, nous vendons des armes à ceux là même qui nous les retournent contre nous alors que nous savons pertinemment que l'acheteur EST le financier de ces mouvements. Il suffit qu'un nouvel Hitler surgisse au sein du mouvement qui dirige en sous main tout le mouvement pour nous retrouver devant la même menace qu'en 1939 avec en prime comme instrument de destruction massif, l'arme nucléaire qui doit sans doute gentiment proliférer à notre insu.

    Un livre à lire et qui devrait être lu par les plus jeunes qui négligent de façon inadmissible l'apprentissage de l'histoire de France et mondiale il faut le dire du fait de l'indigence des programmes scolaires. 


  • Commentaires

    1
    Jeudi 14 Janvier 2016 à 00:03

    Oui un livre qui devrait être lu par les plus jeunes moi je sis trop vielle he

    Bravo pour cette longue analyse cool happy

    Je me délecte en venant des bords de l'escalier de l'opéra.

    Bises Claude.

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