• Commentaire sur l'article de Sophie Fay: Du mieux dans les comptes publics ? Oui, mais gare à la myopie

    Ceci est un commentaire mis en ligne  concernant un article du Nouvel Observateur de Mme Sophie Fay responsable du service éco du journal  :

    Du mieux dans les comptes publics ? Oui, mais gare à la myopie

    Il ya une chose particulièrement choquante avec les médias et les journalistes; eux, si chatouilleux sur la liberté d'expression et le droit de critiquer parfois de façon virulente les autres, n'acceptent pas la contradiction et les critiques.

    Oui je maintiens qu'après quarante années d'exercice de la finance et de l'économie, ancien analyste financier responsable du service d'analyse financière et de prédiction des risques de faillites d'entreprises d'une grande banque d'affaires internationale de droit français, doublé d'un informaticien (je fus un précurseur en 1972 à créer en France des modèles d'analyse financière, ainsi qu'un de mes collègues du CCF, utilisant l'informatique, on me traitait alors de fou et on disait que ce je faisais était une perte de temps!) , je maîtrise assez bien le problème. 

    En 1996 soutenant ma thèse de doctorat à Assas devant entre autres Elie Cohen qui dirigeait à l'époque Dauphine, je concluais ma présentation en disant qu'à mon sens dans les dix ans qui suivraient la France serait en état de surendettement et de faillite virtuelle; je ne me suis trompé que de quelques années mais la tendance était fichtrement là belle et bien.

    Je refuse de faire dans le politiquement correct qu'il soit de droite, du milieu, de gauche ou des extrêmes.

    Les gouvernements de ce pays, depuis près de 40 ans voire peut-être un peu plus, car le réflexe a commencé avec d'une part la crise des valeurs de croissance du milieu des années 70 doublée de la première crise pétrolière, ne cessent de fermer les yeux sur le niveau de la dette totale du pays qui va croissant d'année en année sans qu'on fasse quoi que ce soit pour y mettre un terme; à l'époque d'ailleurs l'Europe et la France tout particulièrement, se moquaient et fustigeaient les USA à la dette colossale qui était affichée sur un grand tableau, variant en temps réel sur le mur d'un des gratte-ciels de New York.

    Aujourd'hui on se gargarise, comme le dit justement l'article, de petits dixièmes de pour cent comme si on avait réalisé un exploit, on ne dit pas comment les chiffres furent calculés or nous connaissons l'habileté de nos statisticiens et ministres pour arranger les chiffres à leur manière, de façon à les leur rendre favorables et permettre d'envisager à terme leur réélection.

    Avec une dette atteignant le niveau abyssal de 100% du PIB et un taux d'impôts tous types confondus de 46% du PIB, on fait allègrement l'impasse. Il ne faut pas parler des choses qui fâchent.

    On s'imagine que dans de telles conditions et c'est là la faille de la fin de l'article, que l'on peut sortir d'une politique d'austérité comme si ces deux constantes avaient disparues par l'effet de la baguette magique de Harry Potter!

    Et bien Non! Tout économiste sérieux à commencer par deux non économistes, Joseph Fouché ministre de la police de Napoléon 1er, Charles de Gaulle, ancien président de la république, et sans doute bien d'autres vous diront et l'ont écrit, qu'on ne fait pas progresser un pays à coups d'impôts et d'endettement à tout va. 

    On doit en priorité commencer par assainir le bilan et le compte d'exploitation de l'entreprise France.

    Nous savons pertinemment que le pays vit au dessus de ses moyens non seulement par des projets pharaoniques, je pense au Philharmonie, Pyramide, défilés en tous genres, commémorations en tous genres, Jeux olympiques à venir dont le budget est déjà déficitaire puisqu'il a fallu récemment lui fournir une rallonge (avec quoi?????Mystère!) mais également pléthore de ministres aux avantages scandaleux --- ça va bien de la part d'hommes qui se prétendent de gauche---, mais surtout débauche de fonctionnaires, plus de 5 millions soit près de 4 à 5 fois le nombre de ceux employés aux USA temps au niveau Fédéral que dans les Etats. Rappelons que la population de la France ne représente même pas 20% de celle des USA. Cherchez l'erreur!

    Que fait le gouvernement actuel? Il ne s'attaque pas à la dette qui continue d'exploser par contre il décide de faire des réformes et oublie au passage que pour faire une réforme, une fois votée la loi, il faut la financer car elle ne se met pas en place toute seule et encore moins gratuitement quel que soit son but si généreux soit-il. Alors l'Etat décide de créer ou d'augmenter tel ou tel impôt et ensuite s'étonne du ras le bol et de la férocité des contestations d'une population arrivée au stade d'un taux d'imposition insupportable et qui en a marre de cracher sans cesse au bassinet.

    Comme nos grands argentiers ne sont même pas capables de faire des prévisions qui tiennent la route, le financement par l'impôt de la dite réforme se trouve in fine insuffisant et que fait-on?: ON EMPRUNTE! Et donc on augmente la dette et en avant pour le grand cercle vicieux!

    On oublie évidemment au passage que toutes ces ponctions amputent le pouvoir d'achat, donc les entreprises à moins d'être gérées par des irresponsables vont freiner leur production aussi bien de biens consommables que de services et autres car en face les acheteurs doivent consacrer leurs maigres ressources à payer les impôts supplémentaires, à freiner leurs dépenses, ou alors à leur tour vont céder aux chants des sirènes bancaires ou assimilées qui leur offre de multiples cartes de crédit revolving. S'il est un cliché stupide c'est bien celui de s'en prendre aux banques tous azimuts. Oui dans le cas de ces types de cartes, les banques commettent une faute en laissant les organismes qui les proposent accorder ces crédits sans un vrai contrôle de la capacité de remboursement du client. Pour le reste comme toute entreprise, ce ne sont pas des organes de bienfaisance, elles doivent non seulement payer leurs salariés, mais aussi maintenir un niveau de technologie et de types de services qui ne les rendent pas fragiles par rapport à la concurrence.

    Au passage rappelons pour les amoureux des nationalisations, qui dit nationalisation dit financement des entreprises par l'Etat donc soit augmentation de la dette soit celle des impôts pour ne pas dire les deux à la fois en général!

    Le résultat de tout ce scénario est un taux de croissance proche de zéro, donc incapacité à créer des emplois et donc augmentation du chômage que par ailleurs nos chers gouvernants se plaisent à sous estimer en tripotant les statistiques habilement (enfin ça se voit quand même, nous ne sommes pas aveugles!)

    On s'étonne que lassés de voir une telle politique se répéter quasiment à l'infini, des investisseurs industriels et commerciaux soit mettent la clé sous la paillasson, soit décident purement et simplement de fermer boutique, récupérer leurs fonds et une fois en règle avec le fisc, de s'expatrier dans des zones où le raisonnement économique tient la route et est sensé. Pire les jeunes soit en âge d'entrer dans la vie active et lassés de frapper des jours et des jours à la porte d'entreprises qui responsables, n'iront pas embaucher alors que la croissance est proche de zéro, soit des étudiants qui constatent la dégringolade de la qualité de l'enseignement en France, décident eux aussi de partir s'ils le peuvent financièrement à l'étranger, vidant ainsi dans bien des cas, le pays de ses meilleurs éléments.

    Sans doute suis-je sévère quant à mon jugement des médias et du monde du journalisme, hélas j'ai quand même eu l'occasion à de nombreuses reprises de les voir à l'œuvre lors de réunions d'analystes financiers. Quand je regarde, de moins en moins d'ailleurs, les émissions ou débats de chaines tant nationales que privées, je constate que dans la plupart des cas tout ce petit monde est plus là pour briller que pour écouter en silence leurs interlocuteurs qu'ils se complaisent à interrompre de la façon la plus discourtoise qui soit quand entre autres l'interlocuteur est lui un économiste ou un financier ultra confirmé. Un peu d'humilité ne ferait pas de mal à certains (inutile de me mettre un commentaire m'accusant de ne pas en avoir, j'anticipe les réactions de certains, ne gâcher pas de la force de frappe sur vos claviers! LOL!)

    Peut-être qu'en effet j'en manque mais j'ai de quoi prouver mes compétences si cela intéresse quiconque. En tous cas j'assume.

     


    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :