• Pechkoff, le manchot magnifique de Guillemette de Sairigné

    Yeshua Sverdlov héros de la légion étrangère, homme d'influence, ambassadeur de France grand séducteur, surnommé le manchot magnifique est une légende oubliée du XXe siècle. Il est aussi "... un morceau de mon coeur entrelacé au tien..." selon les termes employés par Gorki dans une de ses correspondances. Né à Nijni-Vodgorod, frère aîné du révolutionnaire et homme politique russe Iakov Sverdlov que l'on soupçonne d'avoir organisé et participé à l'assassinat de la famille Romanov, c'est en trainant sur les bords de la Volga qu'adolescent il rencontrera le grand auteur Russe et qu'une amitié naitra entre les deux hommes.

    Guillemette de Sairigné vient de consacrer à Sverdlov qui prit le nom de Zenovi Pechkoff une biographie parue aux Editions Allary. Elle est d'autant plus concernée par la vie de cet extraordinaire figure du début du XXe siècle que son père Gabriel de Sairigné, héros de Narvik et de Bir Hakeim, Compagnon de la Libération, mort au champ d’honneur en Indochine à 35 ans à la tête de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère quand elle n’avait que quelques mois, fut l'ami de Pechkoff.

    Gorki est âgé de 28 ans alors qu'il rencontre Pechkoff .Pechkoff adopte l’idéalisme et la foi dans le progrès social de son ami, lequel partage résolument l’existence des humbles, matière respectée et célébrée de son œuvre. Gorki organise des réunions, promeut ses idées un peu partout en Russie avec une énergie peu commune. Sorte de secrétaire, « homme à tout faire », Zinovi lui apporte un soutien aussi fervent qu’efficace. Il partage les arrestations, les emprisonnements décrétés par un régime d’autant plus hostile que Gorki est alors au début d’un immense succès dans et hors de Russie, succès qui s’appuie sur une critique radicale de l’autocratie. Sous la férule de son mentor, le jeune homme, peut-être sur le conseil de Stanislavski, s'essaie à Moscou au théâtre, à l’écriture. Il collectionne aussi les conquêtes féminines, s’ouvre au monde. Il quittera la Russie pour ne pas être enrôlé dans la guerre Russo Japonaise, c'est le début de séjours plus ou moins longs à l'étranger; en 1914 il réussit à se faire engager dans la Légion Etrangère et partira sur le front où blessé il devra être amputé de son bras droit. Il serait trop long de poursuivre ici l'extraordinaire histoire de cet homme hors du commun qui finira général, sera admiré par le Général de Gaulle qu'il rejoindra dans la France Libre pendant la seconde guerre mondiale.

    La biographie se lit comme un roman d'aventures, remarquablement écrite dans un style sans fioritures ou effets souvent propres aux universitaires et chercheurs historiens. Pas loin de 600 pages qui doivent compléter un autre livre de l'auteur "Mon illustre inconnu.Enquête sur un père de légende" paru en 1998 chez Fayard.


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  • Commentaires

    1
    Mardi 14 Janvier à 17:42

    Merci Claude,

    pour ce beau panégyrique  de Guillemette de Sairigné mais je n'aurai pas le temps ni l'envie de le lire.

    Tous mes meilleurs voeux de bonne année et de bonne santé surtout pour toi.

    Bises.

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