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    Bryce Canyon Mai 2007, Là où y a de la gène y a pas de plaisir:

    Enfin j'ai bien le droit de m'asseoir où j'veux non?

    (Copyright Radames)

     

     

  • Il fut un temps où la France pouvait à juste titre de se glorifier d'être un temple de culture, des arts au même titre que l'Italie. Sa langue était parlée couramment au quatre coins de l'Europe, les cours de la Russie Tsariste, celle de l'Empire Austro Hongrois, l'Italie connaissaient et pouvaient converser dans la langue de Molière. Avec la Russie, l'Allemagne et l'Italie, elle pouvait se targuer d'avoir donné à la civilisation les plus grands penseurs, écrivains, musiciens, peintres. Même au plan politique elle pouvait prétendre avoir donné des hommes d'une stature exceptionnelle. Cela dura grosso modo jusqu'à la guerre de 1914-1918.

    Que reste-t-il aujourd'hui? Hélas je ne vois aucun autre mot pour qualifier le désastre: LE NEANT.

    Notre langue a perdu son rôle de langue véhiculaire que cela plaise ou non aux enragés accrochés comme des candidats à la noyade, à leur protection de la langue française, nos hommes politiques n'ont rien à envier aux personnages douteux voire pire des républiques qu'elles soient bananières ou non, notre culture est réduite à la portion congrue dans tous les domaines. On ne grandit pas un pays sans une culture donc un enseignement en béton.

    Pour s'en convaincre il suffit de regarder les perles des chères têtes blondes à qui on accorde le baccalauréat  avec mention "bien" voire "très bien", écouter le français approximatif de nos stars du petit écran présentant le journal télévisé, assister enfin à la production actuelle du Misanthrope de Molière à la Comédie Française et à l'ovation invraisemblable que ce spectacle honteux provoque  chez le public actuel.

    Mon amie Marie Antoinette et moi y étions hier soir salle Richelieu bénéficiant de deux fauteuils d'orchestre pour assister à ce spectacle. Personnellement je l'admire d'avoir tenu jusqu'au bout des interminables trois heures de supplice visuel et auditif de cette infernale cacophonie et non sens. Eussè-je été seul j'aurais quitté la place dès le milieu de la première scène de la pièce. Mais dans le fond nous espérions en vain un moment de répit, une lueur ne fut-elle qu'infime d'intelligence du texte, des intentions de l'auteur, par le metteur en scène et ses acteurs.

    C'était croire aux miracles! Seul le Pape aurait pu le faire!

    Voyons un peu et faisons partager aux chanceux qui n'assistèrent pas au spectacle le bonheur de ces trois heures de représentation:

    Si vous prenez l'enregistrement de la Comédie Française de la production de Pierre Dux de 1977, celui ci a une durée de 125 minutes, donc en ajoutant l'entracte de 20 minutes cela nous amène à 145' soit 2h 25'. Comment Monsieur Clément Hervieu-Léger s'y prend-t-il donc pour nous faire souffrir pendant 3h entracte compris? Et je ne compte pas dans cette durée le bon 1/4 d'heure pendant lequel nous voyons Alceste entrer et sortir, soupirer, se prendre la tête dans ses mains, avant même que la sonnerie n'annonce le début du spectacle, car bien entendu cédant au snobisme en cours, le rideau est déjà levé alors que la salle se remplie et comme pour les opéras l'on vous fait subir des présences et des mouvements scéniques pendant les ouvertures car voyez-vous ces pauvres spectateurs ne supportent pas d'entendre de la musique avec un rideau fermé où rien ne se passe à part cette pauvre musique dont on se demande pourquoi on affuble un opéra, encore une idée bourgeoise réactionnaire qu'il faudra éliminer.

    Une chose est certaine Eric Ruf le Directeur actuel du théâtre a dû sacrément bien négocier avec les syndicats des machinistes pour obtenir qu'ils bossent jusqu'à 23h30 passées ce qui est impossible à l'Opéra National de Paris! Ha!Ha!Ha! Y en a qui se sont faits...je reste poli... de la belle manière!

    Puisque le rideau est ouvert parlons du décor...Oh pardon, de la SCENOGRAPHIE. Et oui le mot décor est 

    ....Ô cervelles indociles!

    Faut-il qu'avec les soins qu'on prend incessamment,

    On ne vous puisse apprendre à parler congrûment?

    De Décor, enfin est fais la récidive,

    Et c'est de Scénographie qu'l' on positive....

    Ben oui enfin, vous êtes cool ou que c'est quoi?

    Faut quand même être grave pour ne pas piper ça!

    Ce cher décorateur, pardon scénographe c'est Eric Ruf soit même que j'vous dit! Célimène doit avoir de sérieux problèmes financiers; le lustre est parterre, les murs ont sacrément besoin d'être lavés et repeints, le mobilier est protégé plus ou moins par des housses, on protège ce qui sans doute peut être vendus aux enchères pour faire la fin du mois...

    Or donc Alceste, enfin on pense que c'est lui, je serais le metteur en scène, je mettrai un écriteau dans le dos Loïc Corbery pour qu'il n'y ait pas de doute pour les spectateurs niveau bac 2019 qui n'ont sans doute pas lu la pièce voire ne connaissent pas, comme une de mes anciennes camarades de cours de théâtre chez Francine Walter, ce que le mot Misanthrope veut dire....

    Loïc, tu permets mec que je t'cause par ton p'tit nom?..,  c'est un sociétaire, me demandez pas ce que cela veut dire, j'sais pas, c'est un mec qui s'appelle Alceste! Allez donc savoir pourquoi Molière le gus qui a écrit la pièce lui a donné ce nom, moi j'aurais plutôt choisi Manu ou Ben, enfin un truc qui fasse cool. Ah non! Commencez pas à faire du mauvais esprit, j'ai jamais pensé à des gens connus!

    Originaire d'Avignon Loïc découvre rapidement le théâtre grâce à ses parents (son père est ingénieur et sa mère professeur de lettres). À l'âge de six ans, il rencontre par hasard Agnès Varda, qui le fait jouer dans le court métrage qu'elle tournait alors à Avignon. Le court-métrage s'intitule 7 pièces cuisine et salle de bain.

    Après son baccalauréat, il part pour Paris afin de suivre des études théâtrales au cours Périmony. Il intègre ensuite le Conservatoire national supérieur d'art dramatique, où il étudie de 1997 à 2000, dans les classes de Stuart Seide et de Jacques Lassalle.

    En 2003, il joue dans Le jour du destin et décroche une nomination aux Molières 2004 pour la révélation théâtrale masculine. En plus du théâtre, on peut l'apercevoir dans plusieurs séries télévisées françaises, le plus souvent le temps d'un épisode, mais il a aussi tenu des rôles récurrents, comme dans la série Commissaire Valence, diffusée sur TF1, avec Bernard Tapie dans le rôle-titre.

     Il entre à la Comédie-Française en 2005, Il en est devenu sociétaire en 2010.

    La direction artistique de l'hommage à Molière lui a été confiée en 2009.

    (j'ai trouvé sa bio sur wikipedia.)

    De temps en temps quand il se déplace sur le plateau, il va jouer deux ou trois notes sur le piano qui est au fond du plateau.

    Enfin la sonnerie du théâtre s'arrête, on vous rappelle gentiment de ne pas filmer et d'éteindre vos smartphones (zut moi que j'voulais commenter par SMS avec Jean-Benoit, c'est foutu!) et la pièce commence; encore un peu de marche pour Loïc/ALceste puis y a un mec qui s'appelle Philinte, tu parles d'un nom, qui entre (j'sais ça parce que j'ai trouvé un papier sur google). Philinte aussi a des problèmes car lui aussi il fait de la marche pendant deux ou trois minutes, dans un cours de théâtre on m'a dit que ça s'appelle "remplir l'espace scénique", c'est plus pro! Puis les deux mecs commencent à s'engueuler grave. Alceste qu'il est grave en colère, Philinte lui aussi mais de temps en temps y s'gondole vachement, j'ai pas compris pourquoi. En prime t'as les deux mecs qui doivent pas se souvenir du texte car ils mettent deux plombes pour te j'acquêter un vers, il parait qu'ils parlaient en vers du temps de Molière. J'suis pas contre. Puis y a un nouveau mec, enfin pas certain, moi j'peux pas dire si il est gay ou pas mais quand même il cause comme qui dirait distingué, enfin c'est comme ça que les connards de la droite qu'ils causent. 

    Bon enfin j'vais pas vous raconter toute la pièce. Ah si quand même y a la meuf, Célimène. Elle s'envoie en l'air qu'on dirait avec Alceste, de temps en temps il lui enfile un patin, ça au moins ça fait cool! T'embêtes pas Loïc hein?T'profites de toutes les occases, mon cochon! Moi j'sais pas c'que tu lui trouves à cette meuf. Elle est pas cool question physique et elle a une voix à faire péter les crystals du lustre! Dans le genre mégère elle est grave aussi.

    Soyons sérieux. Vous l'aurez compris, on a droit pendant trois bonnes heures durant à des déplacements dans tous les sens, ça crie de tous les cotés, les alexandrins on en a rien à glander, 8-12-14 syllabes, c'est comme on veut. On va même, oui monsieur Corbéry, jusqu'à changer des rimes: on ne doit pas dire "trouve" mais "treuve" sinon on supprime la rime suivante. Non, Oronte et Alceste ne parlent pas en même temps au milieu de l'avant dernière scène de  la pièce! 

    En fait le metteur en scène a fait de ce pauvre Alceste une sorte de maniaco-dépressif qui va jusqu'à pleurer à certains moments; en plus son Alceste est trop jeune physiquement, même si Corbery à 43 ans son physique de jeune premier ne colle absolument pas avec le rôle. Comme dans la production de Francis Huster d'il y a une vingtaine d'années à Marigny, il se trompe en faisant d'Alceste un homme violent physiquement, pas plus que les petits marquis n'en viennent pratiquement aux mains avec Alceste qui les critique.

    Ce spectacle est truffé de non sens, tout cela parce que pour la nième fois on s'acharne à vouloir transposer dans le monde du XXIe siècle une œuvre éminemment datée. Si on veut faire moderne il faut impérativement réécrire le texte. Comment faire tenir en langage et description vestimentaires de notre temps, les termes rubans verts, rhingraves, haut de chausse. Je suis certain que les 90% du public hier soir ne seraient pas capables d'en donner les description et l'usage.

    Et puis bon Dieu, pourquoi priver le spectateur d'un peu de rêve visuel avec un décor plus harmonieux sans faire kitch, des costumes grand siècle donnant de la couleur au spectacle et non cette laideur qui semble être aujourd'hui la marque absolue de notre époque de violence verbale et physique. Regardez dans la rue comment aujourd'hui les femmes sont fagotées. On les croirait sortant de leur plumard, pas coiffée, vêtues soit d'une jupe qui ne descendent pas plus bas que le haut de leurs cuisses (qu'elles ne viennent pas se plaindre d'être ensuite agressées par des individus sans la moindre morale dans tous les domaines), ou alors on croirait qu'elles ont pris le tissu des rideaux mités trouvés au grenier ou à la cave pour se les foutre sur le dos.

    Voilà où est tombée la Comédie Française qui devrait être à l'instar de la Royal Shakespeare Company la vitrine, le phare de la culture de notre pays, la véritable ambassadrice de la France que ce soit à l'étranger mais aussi pour les touristes qui visitent notre pays et enfin un lieu d'enseignement tant littéraire qu'historique pour notre jeunesse.

    Mais comment cela pourrait-il être possible avec un ou une Ministre de la Culture qui n'en a aucune, des enseignants suivant sans broncher un ou une ministre de l'Education Nationale, de l'Enseignement supérieur, et un Rectorat tout aussi incultes les uns que les autres et dispensant un enseignement du primaire au supérieur en plein délabrement. Apprendre à raisonner et analyser un texte est inconnu des lycéens; il suffit là encore de lire les copies du brevet et du bac. Notre pays confond égalité et compétence d'où des âneries comme la parité hommes femmes en nombre dans les entreprises, heureusement que celles ci ont encore le courage de s'asseoir dessus en mettant compétences et disponibilités avant ce genre de concept qui ne tient pas debout et est la conséquence d'un égalitarisme d'esprits étriqués refusant toute notions de sélection, compétence, signes de reconnaissances dans la vie active comme dans la vie privée.

    La France file tout droit vers l'abîme que ce soit au plan culturel, économique, financier parce que pilotée par une bande d'arrivistes sans scrupules, à l'ambition démentielle et pour qui leur pays n'est qu'un prétexte à assouvir leur mentalité de parvenus gauche caviar.

    Vous l'avez compris, un spectacle à fuir (de toutes façons la dernière est cet après midi) tout comme sont à fuir la Comédie Française et l'Opéra National de Paris aux mains de directeurs qui se fichent totalement de la culture, qui donnent la parole à des metteurs en scène tels des Olivier Py véritables calamités des scènes françaises et internationales et qui n'ont qu'un seul but dans l'existence faire parler d'eux en se servant des auteurs qu'ils font jouer au lieu de SERVIR LES AUTEURS ET COMPOSITEURS QUI ONT EU AUTREMENT PLUS DE TALENT QU'EUX, INCAPABLES DE COMPOSER LE MOINDRE VERS OU LA MOINDRE NOTE DE MUSIQUE.

    Merci l'ére Mitterrand véritable catastrophe pour ce pauvre pays. Président vous avez réussi à 100% dans votre entreprise de démolition économique et culturelle du pays que vous dirigiez avec votre suffisance, prétention et surtout votre cynisme!

    Désolé pour ce long exposé, mais vous l'aurez compris, 12h après avoir subi ce supplice mais j'avais au moins la chance d'être en bonne compagnie, et tous deux soyons honnêtes ne nous faisions guère d'illusions, mais pas au point d'assister à pareil massacre d'un pareil chef d’œuvre, le réveil ce matin fut amère.

    Dieu merci notre génération à tous chers lecteurs, avons eu la chance exceptionnelle de connaitre, d'entendre, de voir des artistes d'un talent fou dans des productions exceptionnelles que les spectateurs d'aujourd'hui ne peuvent même pas imaginer. Un Pierre Sabbagh si décrié nous a quand même préserver certaines d'entre elles, hélas l'opéra malgré les efforts de Liebermann ne disposait pas encore des moyens techniques d'aujourd'hui pour nous donner des traces enregistrées lisibles de nos jours sauf à dépenser des millions pour les restaurer ce qui est faisable si on a l'ambition de préserver ce qui fut un patrimoine national hors du commun.

     


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  • L'opération "Mincemeat", littéralement "Opération chair à pâté" est une opération de diversion menée dans le cadre du Double Cross System par le MI5 en vue de tromper les Allemands sur le lieu du débarquement de 1943 en Italie.

    Le 29 septembre 1939, peu après le début de la Seconde Guerre mondiale, le contre-amiral John Godfrey , directeur du renseignement de la marine , diffusa le mémoire "la truite" , un document qui comparait la tromperie d'un ennemi en temps de guerre à la pêche à la mouche. L'historien Ben Macintyre observe que, bien que publié sous le nom de Godfrey, le journal "..portait toutes les caractéristiques du style du capitaine de corvette Ian Fleming ..", l' assistant personnel de Godfrey. La note de service contenait un certain nombre de stratagèmes à prendre en considération contre les pouvoirs de l’ Axe pour attirer les sous-marins.et les navires de surface allemands vers les champs de mines. Le numéro 28 sur la liste était intitulé: "Une suggestion (pas très belle)"; c'était une idée de planter des papiers trompeurs sur un cadavre qui serait retrouvé par l'ennemi.

    En soi l'idée n'était pas nouvelle:

    • Au XVIe siècle au Japon, on dit que le daimyo Mōri Motonari employa la même idée, mais dans le but de faire passer les généraux de son ennemi Amako Tsunehisa pour traîtres.

    Mais aussi durant la seconde guerre mondiale :

    • Le premier cas s'est produit en août 1942 où un plan identique de tromperie par les Alliés avait été entrepris juste avant la bataille d'Alam el Halfa en employant un cadavre qui portait sur lui une carte. Le corps fut placé dans une voiture qui avait sauté, dans le champ de mines qui faisait face à la 80th Light Division, au sud de Quaret el Abd. La carte indiquait des champs de mines alliés fantômes et les Allemands tombèrent dans le piège. Les panzers d'Erwin Rommel furent envoyés dans un secteur où le sable était non tassé et s'ensablèrent.

    • La deuxième tentative toujours en 1942 relevait également de la désinformation, mais à plus petite échelle. En septembre de la même année, un PBY Catalina écrasé au large de Cadix transportait, à son bord, le Paymaster Lieutenant James Hadden Turner, de la Royal Navy. Lorsque son corps fut déposé par le courant, sur une plage près de Tarifa et récupéré par les autorités espagnoles, il portait sur lui une lettre du général Mark W. Clark destinée au gouverneur de Gibraltar, qui mentionnait le nom d'agents français en Afrique du Nord et donnait la date du débarquement de l'opération Torch, pour le 8 novembre (elle était en fait prévue pour le 4 novembre). Lorsque le corps fut rendu aux autorités britanniques, la lettre était toujours en sa possession, et il fut prouvé par des experts qu'elle ne fut jamais ouverte. Naturellement, les Allemands avaient les moyens de lire celle-ci sans ouvrir l'enveloppe, mais s'ils l'ont fait, ils considérèrent l'information comme fausse, si bien qu’ils ne crurent pas à un débarquement le 4 mais agirent tout de même trop tard le 8.

    Dans son livre "Operation Mincemeat" paru en 2010, Ben Macintyre nous fait revivre par le menu toutes les phases de la genèse, mise en œuvre, dénouement et conséquences de l'opération réalisée sous la conduite de son concepteur le Flight Lieutenant Charles Cholmondeley de la section B1(a) du MI5 (secrétaire du comité Système Double Cross) et le lieutenant commander Ewen Montagu, un officier naval de renseignement membre du Twenty Committee, réputé pour son sens de l'organisation.

    Une fois de plus l'auteur nous tient en haleine jusqu'au bout et même si l'on sait que tout se déroula comme prévu, que les documents contenus dans la mallette de Bill Martin ont pu être lus par les allemands, que l'état major dans sa totalité se persuada que le second débarquement anglo américain se déroulerait en Grèce et en Sardaigne, qu'Hitler lui même fut trompé et laissa pendant plusieurs semaines sans défenses sérieuses la Sicile et qu'enfin le débarquement eut lieu avec un minimum de victimes malgré différents problèmes au commencement des combats, on est pris et ne lâche pas une minute le livre.

    Comme toujours le livre regorge de citations et souvenirs des principaux protagonistes, certains drôles, d'autres font penser à ces films des années cinquante dont les studios Ealing étaient de remarquables producteur et truffés de situation où l'humour noir tombe carrément dans le macabre, telle la scène où préparant le corps de Bill Martin pour l'installer dans son caisson étanche en vue de son transport vers le sous marin qui l'amènera sur la plage espagnole, Montagu se trouve dans l'incapacité de mettre les chaussures au cadavre dont les pieds sont congelés par son long séjour dans le réfrigérateur de la morgue; il se voit obligé d'installer un radiateur sous les pieds du pauvre défunt et arrivera à ses fins quelques minutes plus tard. Plus tard on imagine la scène du camion transportant l'équipe conduit à fond la caisse par un champion de course automobile dans les rues de Londres pendant le blackout manquant à plusieurs reprises phares éteints de renverser le véhicule et ses occupants.

    L'opération Mincemeat est considérée comme ayant contribué de façon significative au succès du débarquement en Italie qui a marqué après El Alamein et l'opération Torch le tournant majeur de la seconde guerre mondiale.

    Pendant de nombreuses années le MI5 interdit à Montagu de publier un compte rendu exact et exhaustif de l'opération et ce malgré des fuites évidentes donnant lieu à des livres au contenu plus ou moins fantaisistes. Ce n'est qu'en 1951 qu'enfin Montagu pu publier son livre "l'Homme qui n'a jamais existé" censuré abondamment par sa hiérarchie. En particulier le nom du défunt ne fut découvert que fortuitement en 1996. Depuis la pierre tombale du Major William Martin porte enfin le nom de son vrai propriétaire, Glundwr Micheal, qui mourut en avalant fortuitement de la mort aux rats sans se douter que sa mort épargnerait à de nombreux soldats d'être tués sur le champ de bataille.

    Dans l'un des derniers chapitres Macintyre nous fait vivre le débarquement au travers de deux de ses héros, d'un coté William Darby des US rangers se précipitant sur la plage sans se soucier du feu nourri des italiens, de l'autre Derrick Leverton, héritier d'une entreprise de pompes funèbres, gardant son flegme tout britannique, dormant dans la barge ou mangeant des barres de chocolat fourrées au caramel, arrivant sur la plage et faisant creuser à sa troupe des tranchées et s'installe dans l'une d'entre elles, se prépare un tasse de thé avant de refaire un petit somme malgré la mitraille!

    Un livre passionnant qui n'est malheureusement disponible qu'en Anglais.

    Le livre de Montagu a été adapté à l'écran par Ronald Neame et coproduit par Bob McNaught pour la 20th Century Fox en 1956. sous le titre "The man who never was" (L'homme qui n'a jamais existé)

     

     


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  • Double Cross est le nom de l'opération mise en œuvre par le MI5, le service de renseignement britannique, sous la direction du Comité 20 du département. Le nom de l'opération signifie "double tromperie" mais est également un jeu de mots sur la traduction en chiffre romains de 20, soit XX, une double croix.

    Le nom de l'opération menée par les britanniques ne signifie pas grand chose pour la majeure partie du public et pourtant elle joua un rôle majeur dans le débarquement du jour J au travers de l'opération Fortitude qui fut l'un de ses principaux faits d'armes ou plutôt leurres pour faire croire aux Nazis que l'opération Overlord aurait lieu en Norvège et dans le Pas de Calais. 

    61 Agents Doubles furent mis à contribution pour cette incroyable mystification. Parmi les plus connus figure Juan Pujol Garcia alias Garbo qui avec ses 26 Agents fantômes fut un des principaux acteurs de l'opération ainsi que 5 autres, Dusko Popov alias Tricycle ( référence à son gout pour les parties fines à trois!) , Roman Cziernawski alias Brutus, Lily Sergeyev alias Treasure et Elvira de la Fuente Chaudoir alias Bronx.

     

    Ben Macintyre dans son livre "Double Cross" publié en 2012 et ré-édité en 2016 en livre de poche, hélas disponible seulement en anglais, nous raconte par le menu l'histoire de cette fabuleuse aventure qui faillit bien capoter à trois reprises. Formidable récit, souvent très drôle vue la personnalité pour le moins exceptionnelle des protagonistes, par moment émouvant comme lors de son livre sur les SAS commenté ici dans un autre article.

    Macintyre réussit à nous faire vivre ces faits dans un style vivant digne d'un roman de Ian Fleming (auquel il a d'ailleurs consacré un livre: For your eyes only, Ian Fleming and James Bond). On y découvre un Popov qui outre ses nombreuses et simultanées maitresses, est capable de dépenser en quelques mois la bagatelle de 85000$ (soit 726,353 $ actuels ou 646 709 euros), Treasure totalement hystérique par la perte de son petit chien Babs, Bronx richissime héritière qui dépense sans compter au casino et laissera une ardoise que le MI5 n'aura pas démêlée plusieurs mois après la fin de la guerre,

    Un livre digne du meilleur roman d'espionnage avec cette différence qu'il s'agit de faits bien réels qui ont permis d'épargner de nombreuses vies humaines lors du débarquement. Outre Fortitude l'équipe jouera un rôle dans les opérations consistant à faire passer un acteur pour Montgomery en Algérie, ainsi que l'opération Mincemint.

     L'opération se déroulera au delà de D-Day et certains des correspondants allemands bien après la guerre ne sauront pas qu'ils ont été mystifiés.

    Un livre à lire absolument écrit en utilisant de nombreux documents déclassifiés depuis la fin du conflit.

     


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    A la manière du Cid d'Edmond Brua (1898-1977); pastiche refusé par le Figaro. Décidément ce quotidien est hermétique à l'humour. La pièce en quatre actes fut jouée plusieurs fois dont à Bobino en 1969 avec Marthe Villalonga dans un des principaux rôles. La censure à l'époque ne trouva rien à redire.

    Benalla, sa babouche à la main:

    Qué rabbia ! Qué malheur ! Pourquoi qu’c’est qu’on m'en veut ?
    Mieux qu’on m’aurait lévé d’un coup la vue des yeux !
    Travailler dix ans négociant des poignets,
    Que chez moi l’amateur toujours y s’les prenait,
    Pour oir un falampo qu’y me frappe en-dessur
    A’c son soufflet tout neuf, qu’il est mort, ça c’est sûr !
    Ce bras, qu’il a tant fait le salut militaire,
    Ce bras qu’il a lévé des sacs de pons de terre,
    Ce bras, qu’il a gagné des tas de baroufas,
    Ce bras, ce bras d’honneur, oilà qu’y fait tchoufa !
    Moi, me manger des coups ? Alors, ça, c’est terribe !
    Çuila qui me connaît y dit : "C’est pas possibe !
    Dodièze, à Benalla, il y’a mis un taquet ?
    Allez, va, va de là ! Ti’as lu ça dans Mickey ? "
    Eh ben ! ouais, Dodièze il a drobzé Benalla ;
    Il y a lévé l’HONNEUR, que c’est pir’ que le pèze.
    Aousqu’il est le temps de quand j’étais costaud ?
    O Macron, je te rends ça qu’tu m’as fait cadeau !
    (Il arrache sa décoration)
    Je suis décommandeur du Nitram Ifrikate.
    (Il essaie de se rechausser)
    Et toi que ti’as rien fait, calamar de savate,
    Au plus je t’arrégare, au plus je ois pas bien
    Si ma main c’est mon pied ou mon pied c’est ma main….

    Entre Castener:

    Benalla, la babouche à la main:
    O Cricri, t'ias peur?

    Castener:
    Siça s'rait pas mon père,
    Qu'est-c' que j'y réponds pas!

    Benalla:
    Qué gentil carattère!
    Ca fait plaisir de oir comme y prend la rabbia.
    Cuilà c'est tout craché la photo à papa.
    Dès, c'est moi ou c'est toi que j'me ois dans la glace?
    Allez , va viens mon fils, viens me laver la face,
    Viens me manger!

    Castener:
    De quoi?

    Benalla:

    Me venger de Macron
    Qu'à l'honeur de nous aut' y vient d'faire un marron!
    D'un bon coup de soufflet y m'a donné le compte.
    Si je me retiens pas ,ay! comm'ça l'oeil j'y monte!
    Tâche moyen de oir ousquy'y s'est ensauvé;
    Mâ entention, fais gaffe, il a rien d'un cavé;
    c'est...

    Castener:
    Allez disez-le!

    Benalla:
    C'est le mec à Chipette.

    Castener:
    Le...

    Benalla:
    Ouais, le mec à Brijounette
    Basta! Je connais ça que ti'as dans la tête.
    (il lui tend sa savatte)
    Mâ comme y dit Ferrand, le de'oir avant tout!
    Va, cours, vole, et pis bouffes-y le mou!
    (Il sort)

     

     


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  • Médias ou la censure constante car luttant contre le politiquement correct:

    Sous le titre du poste ci-dessus, je mis en commentaire en guise de boutade:

    "Quel dommage";

    Résultat des courses: Refusé!

    Eh oui c'est ça aujourd'hui la liberté d'expression assortie pour ce qui est du crétin qui le refusa une absence totale de sens de l'humour et cela d'ailleurs n'est pas nouveau, entre le fait qu'il n'a aucune culture et n'est même pas capable de reconnaitre un pastiche de Britannicus de Racine.

    Il est vrai qu'il est normal qu'un site internet soit à plusieurs reprises épinglé pour des problèmes de confidentialité des données de ses utilisateurs voire poursuivi en justice et doive sauf erreur verser des dommages intérêts aux victimes; il est normal que des médias vous interdisent ainsi de vous exprimer parce que vous considérez qu'il est inadmissible que des développeurs informatiques ne prennent pas toutes les précautions en matière de sécurité de l'information entrant dans le système, ce qui est je le rappelle après 47 ans de développement de ma part, l'une des premières des contraintes auxquelles on ne saurait échapper quand on développe un système.

    Mais cela ne doit pas être dit car non politiquement correct dans un monde où les hackers en tous genres pullulent! Donc vous allez à nouveau refuser ce post.

    Mais comme vous faites après le premier refus, ce dernier commentaire vous êtes évidemment censuré à nouveau. Cela s'appelle vu du coté des médias "la liberté d'expression" pour laquelle ils sont prêts eux, à descendre dans la rue si d'aventure on touchait à leur droit.


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