• New York City Ballet, une compagnie sur le déclin...

    Depuis une semaine le New York City Ballet se produit au théâtre du Châtelet  dans une série de vingt ballets signés Balanchine, Robbins , Peter Martins, Ratmansky et quelques autres chorégraphes.

    J'assistais ce soir à la soirée consacrée à Jérôme Robbins, Balanchine et Peter Martins, soirée américaine s'il en était puisque nous sommes le 4 Juillet fête de l'indépendance des Etats Unis. C'est dire que la salle en majeure partie était acquise à la troupe soit du fait de spectateurs américains de passage ou en résidence en France, soit de balletomanes comme moi-même.

    Je n'avais pas revu cette troupe depuis son passage en 1995.

    Les deux points phares du programme étaient en ouverture la Western Symphonie de Balanchine montée sur des airs du folklore western et en clôture des extraits de West Side Story l'un des chefs d’œuvres incontestés de la comédie musicale américaine et servie par la chorégraphie de choc de Jérôme Robbins.

    En milieu de programme trois ballets: Tarantella sur une musique sympathique du pianiste Louis Moreau Gottshaclk (1829-1869), The infernal Machine de Peter Martins vaguement inspirée du titre de la pièce de Cocteau et le concerto pour violon de Samuel Barber.

    Début de soirée prometteur sinon que tout de même un danseur ou une danseuse doit vérifier bien avant d'entrer en scène l'état de son costume. Cela fait désordre d'avoir un tutu dont l'une des franges est entrain de se faire la malle pendouillant dans le dos de la danseuse! Une compagnie en tournée de cette envergure, ne se ballade pas sans plusieurs responsables des costumes dont c'est le rôle de tout vérifier jusqu'au moindre détail. Un tel incident pourrait entrainer un accident à la danseuse se prenant les pieds dans la bande de tissu qui aurait pu s'enrouler autour de sa jambe...

    Disons le d'emblée ces trois ballets qui constituaient le milueu de la soirée étaient absolument sans le moindre intérèt au plan chorégraphique. Pire pour la Tarentella les deux interprètes suivaient à peine la musique pourtant rythmée à souhait et là encore comme pour le premier ballet, le tutu de la ballerine eut les mêmes avatars que dans la western symphonie, obligeant la danseuse à attraper le ruban décousu sur plus d'un mètre pour ne pas risquer de faire une chute. En prime la demoiselle devrait faire un régime sérieux car le surpoids n'est pas de mise en danse classique pas plus que moderne.

    Il faut vraiment avoir de l'imagination que d'aller chorégraphier le concerto de violon de Barber. Très belle oeuvre mais absolument pas dansable n'en déplaise à monsieur Peter Martins. Quant à sa "machine infernale", elle l'est en effet musicalement parlant, car le compositeur Christopher Rouse nous assène, heureusement seulement pendant 7 minutes un festival de sons stridents ou à réveiller les morts cachés de l'ancien cimetière des innocents non loin de là au risque même de se faire écrouler le théâtre!!!!

    L'oeuvre d'ouverture par contre était un réel plaisir à voir, entraînante, avec une petite dose d'humour entre les cow-boys un tantinet canaille ou macho et les danseuses sorties tout droit du saloon de l'Eldorado qui occupait le fond de la scène.

    Et quid de West Side? Un rattage! On ne peut pas refaire ce qui a été fait de façon géniale tant à la scène qu'à l'écran il y a 60 ans! Quel idée d'avoir voulu aussi mettre certaines des chansons chantés mal voire faux (le malheureux ténor qui chantait le théme de Tony n'arrivait pas à se faire entendre du 4ieme rand d'orchestre où je me trouvais!). Le fameux mambo un des clous du spectacle et du film faisait fête de patronage, quant à America c'était pire encore, n'est pas Chita Rivera ou Rita Moreno qui veut.

    Si vous ajoutez à cela que mon voisin n'a pas cessé de regarder et de répondre à ses sms de toute la soirée (Qu'ai-je fait au bon dieu pour les attirer ainsi à coté de moi dans les salles de spectacles ces imbéciles accrocs à leur maudit portable!?), je regrette sincèrement mes 130€..

    Cette compagnie fut une grande compagnie, hélas on ne doit pas confier une troupe pendant plus de trente ans à la même personne. Peter Martins fut un grand danseur, pas exceptionnel, il n'a jamais atteint le niveau d'un Noureev ou d'un Nicolas Le Riche et ce n'est certainement pas un grand chorégraphe; il imite mot à mot si l'on peut dire, son maitre Georges Balanchine et mal qui plus est!

    Le temps des Violette Verdy disparue en février dernier, est largement révolu dans la compagnie. Pour avoir un haut niveau une compagnie de ballet doit avoir un direction intraitable quant à la qualité des danseurs qu'elle pousse au rang d'étoile. On ne me fera pas croire un seul instant que l'on puisse avoir chaque année au minimum trois nominations dans une troupe dont le corps de ballet compte moins de 60 danseurs et a 12 étoiles en titre. Ou alors cela veut dire que le turnover est dramatique! Et donc cela nuit également à la qualité de la troupe in fine. 

    Triste constat qui doit faire se retourner dans sa tombe son fondateur Balanchine.

    Encore une fois nous avons la chance d'avoir la meilleure troupe du monde à l'Opéra de Paris, parce que la rigueur et l'exigence sont les clés de voute de cette troupe et dieu merci un ancien du NYCB (Benjamin Millepied)n'a pas eu le temps de faire des dégâts irréparables. Espérons que Aurélie Dupont qui doit prendre la relève à la fin du mois, saura porter le flambeau de notre superbe corps de ballet et d'étoiles (autant que pour le NYCB mais pour une troupe de plus de 150 danseurs!)


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  • Commentaires

    1
    jeandenim
    Mardi 5 Juillet 2016 à 11:35

    l'essentiel  c'est d'y avoir trouvé ne serait-ce qu'en partie , ce qui t'avait motivé pour y assister ..

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