• Le journal de Berlin de William L. Shirer

    Je viens de commencer la seconde partie du journal tenu par William Shirer entre 1944 et 1947 lorsqu'il retourna en Allemagne à la fin de la seconde guerre mondiale.

    Une fois de plus ce grand journaliste réussit à m'émouvoir à un point difficilement imaginable. Cet homme avait le don pour écrire simplement et vous faire revivre comme si vous étiez à coté de lui les événements majeurs de cette période. En voici quelques passages significatifs:

    "New York, mercredi 23 aout:

    Paris la gloire de la France comme disait Montaigne, est libre..."

    plus loin, il est arrivé en Europe le 6 Octobre à bord du Queen Mary:

    "Paris, 19 octobre 1944.

    Enfin!

    Comme Paris est différent depuis la dernière fois où je l'ai vu en ces tragiques journées de Juin 1940 et comme tout cela semble loin..Les rues et les boulevards étaient alors déserts, les volets clos, magasins, boutiques, cafés, bistros étaient fermés derrière leurs rideaux de fer. Les rues appartenaient aux arrogants Prussiens [le mot anglais a plus de force que le mot français car il fait retentir par ses conssonnances le martélement des bottes sur les pavés- "Strutting Prussians". Le redoublement de la consonne T raccourcit le vocable comme un coup sec sur le sol].

    Aujourd'hui cette peste est partie! Les rues sont animées pleines de français s'afférant à leurs occupations, enfin libres et buvant et jouissant de leur liberté retrouvée "

    Puis quelques jours plus tard, Il assiste aux cérémonies du 11 Novembre 1944 à Paris, De Gaulle défile en compagnie de Churchill dont on avait caché la venue de peur de tentatives d'attentats Allemands,  et Shirer se rend ensuite à Compiègne où en Juin 1940 il fut le premier journaliste américain à retransmettre en direct à la radio pour CBS, la sinistre cérémonie de l'armistice demandé par "....les perfides Pétain et Laval...". Il nous décrit le site en cette fin 1944, le wagon où fut signé l'armistice de 1918 et celui de 1940 vengeance suprême d'Hitler, n'est plus là; transféré à Berlin il fut détruit par une bombe alliée,

    " sans doute [dit-il] je me plais à le penser, les teutons superstitieux y ont vu un présage de leur destruction. Dès lors leur victoire qui semblait si évidente commençait à s'évanouir..."

    Ce 11 novembre 1944 est présent Jules Jeanneney président du sénat en 1940 qui refusât de participer à la signature en 1940 et de suivre le régime de Vichy. Shirer nous décrit en des mots tout simples,

    "...le site vide où seule subsiste la statue du Maréchal Foch épargnée l'on  ne sait trop pourquoi par la rage destructrice des "Huns."...3.

    Tout le reste du site a été dynamité, l'herbe pousse là où se trouvait la stèle et le monument en l'honneur de l'Alsace Lorraine.

    ".... Le soleil se couche quand soudain 9 jeunes de la résistance viennent en petites foulées,  en short et en chemise, tenant une torche. Elle a été allumée à 11h précises  devant la tombe du soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe et amenée par des coureurs se relayant depuis Paris tout au long des 90 kms qui séparent les deux sites. On a reconstitué provisoirement le monument détruit commémorant l'armistice de 1918 et portant  l'inscription rédigée par Binet-Valmer : « Ici le 11 novembre 1918 succomba le criminel orgueil de l'empire allemand vaincu par les peuples libres qu'il prétendait asservir ». Des brasiers sont allumés avec la torche....

    ...Je peux enfin relire l'inscription que la pénombre rendait illisible et que le soldat américain m'empêchait d'approcher. Comment pourriez vous faire comprendre ce que cela signifiait à une tête vide de soldat policier [ MP= Military Police]? La clairière s'est embrasée. Personne ne parle, le silence est impressionnant néanmoins des discours vont être prononcés; "partons" dis-je à Sonia qui m'accompagne...Nous nous éloignons dans la pénombre et rentrons à Paris..."

    Tout William Shirer est résumé dans ces quelques phrases de cet homme hypersensible qui vouait un véritable culte à Paris et à la France qu'il considérait comme sa seconde patrie.

    Bien des journalistes aujourd'hui feraient bien de prendre exemple sur lui et ce livre qui a été traduit en Français mérite d'être lu et relu. C'est du pris sur le vif, du vécu, écrit sans fard.


  • Commentaires

    1
    Vendredi 22 Janvier 2016 à 23:32

    Bonsoir Claude,

    je ne peux partager aujourd'hui ce que tu penses des allemands, même s'il s'agit d'autrefois.

    Mieux vaut que je me taise, ça ma mère a été fiancée à un allemand prussien, qui est mort pendant la guerre. Ce n'étai surement pas un cantique, connaissant Maman.

    Mais aujourd'hui l y a Tobias le mari de ma fille et père de nos petits enfants.

    Bonne soirée si tu te couches tard, sinon douce nuit

    et bises.

    Bon weekend.

      • Samedi 23 Janvier 2016 à 10:47

        Bonjour Sylvie

        Je voudrais en premier lieu rappeler qu'en aucun cas je ne me permets de faire des articles mettant en cause mes éventuels commentateurs ou leurs proches. Ce serait entre leur faire des procès d'intention ou de comportement passés ou présents totalement inadmissibles de ma part. Jamais je ne me permettrai d’émettre le moindre jugement sur ta famille de quelque origine qu'elle soit et surtout vis à vis de personnes que je n'ai jamais rencontrées ce qui serait un comble de ma part.

        Cela dit je  crois qu'on mélanges un peu tout.

        1/ Je parle et commente un livre et entre autres le journal écrit sur le vif par Shirer entre 1944 et 1947 (The end of the Berlin Diary). Et je réagis sur ce qu'il disait à ce moment là.

        2/ Que nous le voulions ou pas et peut-être même les Allemands eux-mêmes y pensent aussi, nous ne pouvons pas non seulement rayer de l'histoire et de nos mémoires des faits historiques majeures, mais je dirai même qu'il est sain de se les rappeler car hélas l'histoire hélas se répète et les exemples en la matière sont multiples pour ne pas dire actuels.

        Ainsi il y a moins de dix ans un documentaire fait si mes souvenirs sont bons par la BBC, commençait par une interview d'anciens membres des Waffen SS encore en vie. Ils ont une association qui regroupe de nouveaux membres, ou des descendants d'entre eux car bien entendu la plupart des survivants aujourd'hui ne doivent plus être de ce monde. Quoique un enfant de 13 ans sous les drapeaux en 1944 et

        rencontré par Shirer prisonnier lors de sa visite du front, a aujourd'hui 85 et peut très bien être encore de ce monde. Or dans l'interview plusieurs d'entre eux "niaient les faits commis pendant la guerre" se présentant comme de simples soldats! Cela 60 ans après les faits, prouvés, vus par des dizaines de témoins. Pire le commentateur est allé jusqu'à dire que les Waffen SS étaient des soldats d'élite! Non! Des monstres fanatiques ne sont pas des soldats d'élite! Ce ne sont même pas des soldats! Ce sont des criminels qui ont commis les crimes de Malmédy et d'Oradour sur Glane pour ne citer que deux faits parmi bien d'autres.

        Il est d'ailleurs incroyable que le gouvernement actuel tolère ce genre d'association.  Cela vaut de même en France pour la tolérance totalement inadmissible des caricatures insultantes de Charlie Hebdo vis à vis tant des Catholiques que des Musulmans. Si les assassinats sont inexcusables, les manquements les plus élémentaires  au respect des croyances religieuses d'autrui le sont aussi et la liberté d'expression ne saurait être invoquée dans un pareil cas. Ce n'est même pas de l'humour.

        Et d'ailleurs on peut mettre dans le même sac les actes commis par les Soviétiques pendant leur poussée vers l'Allemagne à partir de 1943 , actes que l'on peut qualifier de meurtres de sang froid au même titre que ceux commis par les Nazis dans leur tentative de conquête entre 1941 et fin 1942.

        Ceci vaut aussi pour les Alliés: Certains français ont commis des viols, des pillages pendant la poussée alliée en Allemagne de 1944-1945 et que cela nous plaise ou pas c'est une tâche totalement inexcusable dans notre histoire tout autant que les scandaleuses guerres d'un Napoléon et qui fut le Hitler, sans les mêmes moyens techniques, du début du XIXe et que l'on porte encore en France aux nues! Les guerres Napoléoniennes ne sauraient en aucun se justifier sinon par la mégalomanie d'un parvenu. Ce n'est pas à nous à décider du style de vie d'un autre pays. On peut peut-être suggérer par des écrits, mais surement pas par des actes dès lors que les décisions des tiers ne portent pas atteintes à nos droits. La France des années 1800 n'était nullement menacée les régimes royalistes de l'époque entre 1795 et 1815. L'attaquant était notre pays on l'oublie un peu vite.

        Dans les deux cas nous sommes face aux conséquences gravissimes dont la mégalomanie d'un parvenu, doublée d'un nationaliste enragé, irresponsable. Talleyrand dans ses mémoires prévoit les conséquences à long terme des décisions du Congrès de Vienne et des risques de guerres que cela pourraient provoquer et il ne s'est pas hélas trompé.

        Ce n'est pas pour cela qu'aujourd'hui je vais rejeter mes amis ou ma famille française pas plus que je vais refuser d'avoir des amis allemands. Les chevaux sont des animaux mais tous les animaux ne sont pas des chevaux dit le proverbe.

        Par contre je mets dans ma mémoire pour ne pas avoir le comportement irresponsable de mes ancêtres, les faits qui se sont produits.

        Si l'Allemagne et la Nation allemande s'est mise dans la situation de la période 1933-1945 c'est entre autres en raison de deux faits majeurs:

        1/ un comportement trop souvent passif devant l'autorité et cela tout particulièrement dans l'armée (c'est d'ailleurs valable dans toutes les armées du monde); le soit disant code de l'honneur qui justifierait selon les militaires de ne jamais devoir contester l'autorité et les ordres et de dire "c'est pas ma faute parce qu'on m'a ordonné de faire",

        2/ du coté Alliés, USA inclus, le refus de regarder les faits en face, d'agir dès la réoccupation de la rive gauche du Rhin alors que ce faisant on aurait mis parterre le régime, d'avoir imposé le traité de Versailles qui est un monceau d'aberrations aux conséquences économiques qui furent catastrophiques, car très souvent quand on analyse les causes des conflits, les faits économiques ont une part quasi majeure dans les causes des déclenchements des conflits armés.

        Pourquoi je  m'intéresse aussi à cette période?

        Parce que même si cela ne plait pas aux occidentaux la situation actuelle au regard de l'Islam est EXACTEMENT la même et les risques sont identiques avec la petite différence que si l'un des protagonistes de la région à la bombe atomique tu peux dire adieu à toi-même et toute ta famille, car le globe sera rayé de la carte de l'univers en quelques minutes.

        Crois-tu que du coté de l'Islam il n'y ait pas un esprit nationaliste et revanchard contre toutes les exactions commises au cours des siècles?

            De quel droit les catholiques ont-ils eu l'arrogance de croire que leur religion était supérieure à celle des autres confessions religieuses existant alors?

            De quel droit Israël et les Israélites au plan confessionnel se permettent-ils de vouloir imposer quand ils vivent à l'étranger en France pays laïque tout particulièrement, leurs coutumes  dans la vie privée ou professionnelle?:

        exemple vécu: Dans notre dernier immeuble dans le 17e nous avions une famille juive intégriste. Le week end sous le prétexte soit disant que laTora imposait l'interdiction d'utiliser des boutons électriques (je ne savais pas que l'électricité était utilisée du temps de Moïse, c'est un scoop!), ils mettaient sur la gâchette de la porte d'entrée de l'immeuble du scotche pour l’empêcher de fermer. Conséquence un week end un SDF s'est introduit dans le hall a vomi sur près d'un étage sur le tapis de l'escalier qu'il a fallu envoyer au nettoyage sans parler des odeurs persistantes pendant plusieurs jours.

        Idem à mon bureau je devais accepter que ma secrétaire juive suive toutes les fêtes de sa religion en étant absente au risque de désorganiser mon service; c'était une femme charmante efficace et compétente, avec qui je suis toujours en contact, mais les faits sont là et je ne peux les rayer de la vie de tous les jours.

        Qu'on ne vienne pas m'accuser d'antisémitisme alors que mes grands paternels ont été assassinés par les Nazis à Budapest en 1944. Je regarde les faits en face c'est tout et j'ai aussi des amis Juifs que je respecte, mais je garde un esprit critique.

            De quel droit les Européens se sont-ils permis d'aller conquérir par nationalisme colonial débile des pays du Maghreb, du Moyen orient, des Indes, se comportant comme des sauvages, pillant économiquement ses pays, ayant l'arrogance de croire que notre civilisation était plus évoluée ou plus intelligente que les leurs souvent plus anciennes de plusieurs millénaires. As-tu oublié que des Français ont torturé des Algériens en 1956-1962?

        Crois-tu que tout cela n'a pas suscité des rancœurs et que les intéressés ont oublié les faits?

            Comment peut-on un seul instant croire ou prétendre être un pays d'asile quand on a l'audace de laisser entrer des gens sur notre territoire en sachant pertinemment que nous ne pouvons pas leur trouver de logements décents, de travail et leur faisons croire tout le contraire les condamnant qui plus est à faire des jobs que nous refusons de faire: cela s'appelle de l'esclavage en bon français.

        Aujourd'hui nous payons en Europe ET aux USA la facture. Mais là où la situation est plus grave indépendamment du risque militaire, c'est qu'avec les intégristes il suffit que l'un d'entre eux ait le pouvoir, le magnétisme qu'à eu un Hitler (même Shirer dans ses écrits en parle par rapport à ses propres premières réactions face aux discours et rassemblements que ce monstre organisaient) et le conflit pour le moment disséminé de façon désordonné peut tout d'un coup prendre une allure de croisade organisée, coalisée, réunissant des pays comme l'Iran, les Émirats extrémistes, et la Russie ou/et la Chine que nous sommes assez cons pour croire avoir changé de mentalité! Aujourd'hui on se réjouit de supprimer les embargos sur l'Iran et on croit que ce pays s'est démocratisé et a donné sa parole d'honneur (quelle foutaise!) de ne pas construire la bombe mais on se trompe lourdement car comme avec les Asiatiques que j'ai largement pratiqué, ils vous font de grandes phrases avec de grands sourires et dans votre dos font exactement le contraire tout comme Hitler avec Chamberlain en 1937-1938-1939 à 15 jours du début de la guerre!

        Pour en revenir à l'Allemagne, il y a eu bien évidemment dans cette sinistre période de son histoire, des hommes et des femmes qui ont voulu résisté en particulier dans l'armée, mais comme tous le disent dans leurs mémoires s'ils ont survécu, l'armée dans sa quasi majorité était tellement façonnée, endoctrinée en permanence (Il y avait en compagnie des soldats des membres du parti chargés de rappeler les grands principes du régimes et ne parlons pas de la surveillance constante des propos et des écrits des soldats et de leurs supérieurs jusqu'aux derniers jours du conflit. On retrouvé les preuves dans les archives Nazis ramenées aux USA en 1945-1946 et dieu merci non détruites à temps), avait eu un tel lavage de cerveau, comportait des recrus de plus en plus jeunes ou trop âgés (on a été dans les derniers mois jusqu'à mettre sous les drapeaux des enfants de 13 à 16 ans et des hommes au delà de la bonne cinquantaine) que ces derniers conditionnés, ne se seraient pas joints au mouvement de leurs supérieurs hiérarchique, et auraient continué à soutenir le régime envers et contre tout, se révoltant contre leurs supérieurs.

        C'est ce qu'explique parfaitement Ian Kershaw dans l'autre livre que j'ai commenté précédemment (négativement pour la façon dont il a été écrit mais dont l'analyse sur le fond, tient parfaitement la route).

        La leçon que je tire et que je tente bien prétentieusement de faire passer, est que la notion d'honneur pour justifier un refus d'acte de désobéissance à l'autorité est une faute lourde aux conséquences incalculables s'il s'agit de refuser de commettre un acte criminel. Si je te dis ou à Georges d'aller assassiner le président de la république parce qu'il a une maîtresse, tu refuseras HEUREUSEMENT. Mais quid si cet homme en arrivait à des meurtres pour asseoir son pouvoir comme ce fut le cas de Staline ou des révolutionnaires de 1789-1793?

        Voilà encore une fois comment il faut interpréter mes analyses sinon on dévie totalement de la question et on me prête une pensée que je n'ai absolument pas.

        J'espère avoir clarifié le débat qui je crois est nécessaire dans un pays qui fait fausse route, je parle de notre pays, depuis des décennies et ne parlons pas des USA qui en matière de compréhension des civilisations étrangères, sont totalement à coté de la plaque.

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