• Le chevalier à la rose à Bastille

    Matinée hier à l'opéra Bastille pour une représentation d'un des chefs d'oeuvres de Richard Strauss: Le chevalier à la rose.

    L'opéra de Paris pour une fois reprend une des productions phares des années 90 signée par Herbert Wernicke (1946-2002) et qui comme l'est la mise en scène des Noces de Figaro par Strehler digne de figurer parmi les réalisations qui ne vieillissent pas avec le temps. Curieux parallèle d'ailleurs avec celui que l'on peut faire entre le chef d'oeuvre de Mozart, Les noces de Figaro, et l'oeuvre de Strauss.

    Ne peut-on pas faire en effet un parallèle entre le désarroi et la tristesse de la Comtesse de l'un bafouée par son mari et celle de la Marchéchale qui doit faire face comme la comtesse des Noces, aux conséquences de l'âge qui font que leur époux/amant les trompe/abandonne pour une femme plus jeune qu'elles? Mais elles sont toute deux fortes et dominent la situation.

    Production magnifiquement mise en scène, réalisée en 1997 à Bastille du temps d'un vrai directeur d'opéra, Hughes Gall disciple incontesté de Rolf Liebermann qui dirigea la grande boutique de 1973 à 1980. Quand on a du talent, qu'on s'intéresse à la musique et non pas aux élucubrations de metteurs en scène en mal de sensationnel, on sait choisir et offrir un joyau au public.

    C'est Wernicke qui signa le dispositif scénique ingénieux de cette mise en scène. Un ensemble de miroirs allant jusqu'au cintres et qui reflétent dans leur verso le décor baroque de la Vienne du XVIIIeme siécle.

    Tour à tour au fil des actes le mur de glace reflétant au lever de

    Le chevalier à la rose à Bastille

    rideau la salle de l'opéra Bastille, se transforme en chambre de la Marèchale à son réveil dans les bras de son amant Octavian, puis

    Le chevalier à la rose à Bastille

    en grand salon de Faninal s'ouvrant sur l'escalier monumental (sauf erreur inspiré par un des escaliers d'un des palais viennois)

    Le chevalier à la rose à Bastille

    recevant le mufle Baron Ochs, qu'il destine en mariage à sa fille, la fragile et timide Sophie à laquelle selon la coutume Octavian vient offrir la rose d'argent symbole de ses fiançailles.

    Le chevalier à la rose à Bastille

    Puis c'est le décor de l'auberge où Octavian déguisé en soubrette délurée va confondre le Baron et mettre au grand jour sa perfidie de hobereau qui n'a de noble que son titre.

    Le chevalier à la rose à Bastille

    Parvenus dans le parc les deux jeunes gens se déclareront leur

    Le chevalier à la rose à Bastille

    amour tandis que la Maréchale rejoindra dans son carosse Faninal, c'est alors que les glaces reprendront leur place de départ et que le Pierrot magicien du spectacle remplacera la rose d'argent tenue par les futurs jeunes époux par une vraie rose rouge et se précipitera pour fermer le rideau de scène qu'il a ouvert au début du spectacle.

    Le chevalier à la rose à Bastille

     

    Distribution de haute qualité pour cette quatrième représentation de cette reprise dominée surtout par un superbe Octavian, il s'agit d'un rôle travesti tenu par Daniela Sindram, un excellent Baron- Peter Rose et une très bonne Maréchale- Michaela Kaune qui ne peut hélas faire oublier ni Elisabeth Shwarzkopf  ni l'inoubliable Kiri Te Kanawa dans le rôle à Covent Garden dieu merci immortalisée par le dvd. Cette magnifique mise en scène qui peut servir d'exemple à bien des prétentieux metteurs en scène qui se croient tout permis en matière de trahison d’œuvres majeures comme celle-ci a été gravée en dvd et blu ray à partir de la production donnée  et créée à Salzbourg avec une autre immense Maréchale: René Fleming. La voici en de cours extraits pour le plaisir des yeux ici à Madrid, car cette mise en scène à fait un tour d'Europe sinon du monde bien mérité.

     SI vous ne l'avez pas vu essayer d'avoir des places avant le 31 mai date de la dernière représentation.


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  • Commentaires

    1
    Lundi 23 Mai 2016 à 22:38

    bonsoir mon ami Claude,

    c'est superbe ce que tu nous présentes là; un grand bravo et bonne soirée

    bises;

    2
    Mardi 24 Mai 2016 à 06:40

    Oui c'était une magnifique représentation devant une salle pleine à craquer, longues ovations du public, Philippe Jordan qui dirigeait entre autres de main de maitre un orchestre rutilant en particulier dans les célèbres valses du second acte. Dommage que Jackie à qui j'avais offert une place pour son anniversaire n'ait pu etre là. C'est une japonaise qui a racheté le fauteuil au 12e rang de parterre et qui fort gentiment vint me voir à l'entracte pour m'offrir une petite boite de chocolat en remerciement. J'ai vu cette production 3 fois et me retiens de tenter de trouver un fauteuil pour une quatrième fois....mais à 195€ la place j'hésite tout de même!arf

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