• Taillandier vient de publier le dernier ouvrage de ce grand historien qu'est Jean-Christian Petitfils.

    L'auteur nous conte par le menu l'histoire de la sinistre prison et de la façon dont on avait le privilège de venir y séjourner de quelques jours à toute une vie....

    Comme toujours Petitfils s'appuie sur une documentation particulièrement fournie même si les émeutes de 1789 nous ont privé d'une partie non négligeable des archives de la forteresse.

    Ecriture vivante, souvent émaillée d'humour et qui en fin de livre nous fait suivre le déroulement heure par heure des journées de 14-15 Juillet 1789 et de la démolition de l'édifice. On y apprend comment on utilisait les lettres de cachet pour se débarrasser soit de dangereux individus soit de membres de sa famille particulièrement encombrants.

    Un excellent ouvrage même s'il ne se hisse pas au niveau de certaines des productions précédentes de l'auteur


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  • Ces photos viennent  de m'être adressées  par mon ami Mike Buchheit directeur du Grand Canyon field Institute.

    Elles sont bien entendu protégées par un copyright et ne peuvent être utilisées par des tiers à des fins commerciales sans son autorisation.

    Elles se passent de commentaires et consolent de savoir qu'encore en ce monde de pourris la nature elle  peut seule prétendre à avoir la vedette!


    Hopi Point au levé du soleil

    Le canyon dans toute sa splendeur

    Le canyon dans toute sa splendeur


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  • Il y a tout de même des limites au manque de soins dans la réalisation d'un film!   A 3:18  nous voici devant une pierre tombale que lit-on en deuxième ligne comme dates: 1891-1952 !! Or le film se déroule sous l'occupation en 1941!!!!!! Comment une scripte et pire un monteur ne s'aperçoivent pas de cette énormité! J'étais tellement surpris que j'ai cru avoir mal lu et j'ai fait une capture d'écran que j'ai agrandi et effectivement le millésime est bel et bien 1952! Comment après cela prendre au sérieux une production sur un sujet aussi grave d'après un des grands auteurs français. Est-ce que dans ce foutu pays on va une fois pour toutes faire son travail à fond et en ayant le souci du boulot bien fait? Le pire c'est qu'aujourd'hui les logiciels de montage à la portée du premier amateur venu permettent de modifier en quelques secondes la moindre partie d'une image qu'elle soit fixe ou en mouvement!!!! En plus sur le plan suivant la date a été modifiée à 3:27.....

    Cela dit le film est superbement joué et particulièrement bouleversant. Que de vies mises en pièces par la haine, l'esprit revanchard typique d'une Europe qui n'a toujours pas su tirer les leçons de son histoire...


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  • La Tchécoslovaquie a été un des rands berceaux de la musique classique et les Praguois sont fort mélomanes mais aussi dotés d'un grand sens de l'humour.

    De leur coté les Britanniques ont aussi une passion pour la musique classique et le meilleur exemple en est la manifestation plus que centenaire des Proms qui se déroulent chaque année au Royal Albert Hall devant des salles combles de 6000 spectateurs tous les étés pendant deux mois et demi de Juillet à Septembre. Ici aussi l'humour est à l'honneur.

    Il n'est donc pas étonnant que la parodie et l'art de la mise en boite soit un des points communs des deux nations et que l'initiative en 1958 du grand dessinateur humoriste Gerald Hoffnung ait été adoptée sans difficultés dans les deux pays. Hoffnung eut l'idée de se moquer de tous les défauts des grands compositeurs mais aussi de leurs interprètes, du snobisme avéré de nombre de spectateurs prêts à avaler des œuvres iconoclastes. C'est ainsi que furent créés les fameux Concerts Hoffnung à l'initiative de ce dessinateur et donnés dans la prestigieuse salle du Festival Hall de Londres avec la collaborations de musiciens de grands talents jusqu'à la mort prématurée de Hoffnung à l'âge de 34 ans en 1959.

    En 1992 lors d'un gala donné à l'occasion du Printemps Musical de Prague au Smetana Hall , Gerald Hoffnung fut mis à l'honneur. Les deux vidéos qui suivent ont été enregistrées lors de cette manifestation et donnent une magistrale démonstration de ce que l'on peut aimer la musique classique mais aussi savoir se moquer de ses tics et défauts tant du coté des compositeurs que de ceux qui les interprètent.

    Bien entendu les mélomanes percevront plus facilement que les moins avertis toutes les allusions faites lors des divers morceaux joués ici, l'allusion à Pavarotti arrivant toujours avec son mouchoir en scène lors des récitals, les finals des œuvres qui ressemblent plus à une lutte acharnée entre les différentes parties de l'orchestre ou avec les solistes à qui aura le dernier mot, les rivalités entre solistes etc...

    A savourer dans ces temps troublés par la faute de nos dirigeants, pas seulement Français...

    1ère Partie: 

    Opening & tuning . L'organisateur du concert vient annoncer que le concert se déroulera comme prévue par décision du conseil municipal. Allusion s'il en faut à l'habituelle annonce en début de concert de la défection de tel ou tel artiste...

    Grand grand overture pour aspirateur et orchestre / Malcolm Arnold

    Concerto Tuyau d'arrosage et orchestre / Leopold Mozart ; arr. by Norman Del Mar

    Aria from "Quasimodo et Jiulietta" : act 9, scene 12 / Giacomo Scarlatina ; composition de  Maynard Nelson

    Concert d'amore / Wilfred Josephs . Après une discussion mouvementée entre les deux solistes et leurs imprésarios, il est décidé qu'ils joueront ensemble mais dans une telle situation l'imprévisible peut arriver, comme quoi la musique peut adoucir les sentiments comme les moeurs...

    2éme partie:

    Leonore overture no. 4 / Ludwig van Beethoven ; transcribed by Malcolm Arnold

    Orchestral switch / Frank Butterworth

    Andante from "Surprise" symphony / Joseph Haydn ; arr. by Donald Swann (de l'art de suivre à la lettre les indications d'une partition...pianissimo ou fortissimo..Il ne faut pas de préférence que les pupitres jouent sur des tonalités différentes ça peut faire désordre, la preuve...)

    Concert popolare / Franz Reizenstein (à chacun son concerto...)

    Encore (bis) / transcribed by Wilfred Josephs


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  • En février 2016 Yves Le Naou publiait un article dans la revue Historia concernant le Maréchal Pétain et l'attribution que l'histoire lui fait de la victoire de Verdun pendant la première guerre mondiale. L'article n'étant réservé qu'aux abonnés des lecteurs de la revue, je reprends ci-dessous le texte publié le 21 février sur le même sujet et visiblement inspiré de la revue par le blog de le blog de Roger Colombier :

    21 février 1916: la bataille de Verdun et Pétain l'imposteur 

    A partir du 21 février 1916, durant 300 jours et 300 nuits, sans discontinuer, va se dérouler l'une des boucheries qui vont ensanglanter la Première Guerre mondiale: 306 000 tués et disparus dont 163 000 Français et 143 000 Allemands; 406 000 blessés dont 216 000 Français et 190 000 Allemands. Mais cette bataille, qui devient une victoire française et symbolise à elle seule la ténacité des armées de la France, que doit-elle au futur maréchal Philippe Pétain?

    Le 21 février 1916, les Allemands attaquent, précédés par un bombardement soutenu des positions françaises. Un million de bombes est projeté sur un front de quelques kilomètres, entre 7 heures et 16 heures. L'infanterie de Guillaume II croit dès lors trouver le terrain dégagé. Mais elle se heurte à des tirs nourris des soldats français, rescapés au milieu d'un paysage dévasté. 

    Cela va être ensuite une série d'offensives et de contre-offenEt le général Pétain dans tout cela, à qui le généralissime Joffre a confié le commandement de cette partie du front? Même la déchéance et la condamnation du chef de l'Etat Français en 1945, pour intelligence avec l'Allemagne nazie et haute trahison, n'ont pas réussi à ébranler qu'il fut le "vainqueur de Verdun".

    Ce qu'écrit le magazine Historia de ce mois de février, dans son dossier Pétain, l'imposteur de Verdun:

    A 60 ans passés, il prend son commandement le 25 février 1916 à minuit et son état-major s'installe à Bar-le-Duc, bien au sud de Verdun.

    Et si le 26 février, l'offensive allemande est enfin enrayée, cela est dû à l'action du général de Castelnau, adjoint au généralissime Joffre, qui s'est rendu sur place. Pétain, lui, était reçu au Grand quartier général par Joffre, convoqué la veille à 8 heures pour être nommé commandant de cette zone par ce dernier.

    De ce fait, en ce 25 février, le futur maréchal est bloqué par les neiges et prend ses quartiers à Souilly où il attrape froid, ce qui le cloue momentanément au lit. On est loin de la légende du sauveur qui, par sa seule présence sur le front, redonne confiance à la troupe.

    Lorsqu'il prend enfin son commandement, les soldats se battent et meurent depuis le 21 février. Ce sont ces derniers qui sont les véritables vainqueurs de la bataille de Verdun, eux qui n'ont jamais ménagé leurs peines et leur sang.

    Certes, ensuite, le général Pétain organise une rotation rapide des unités combattantes, en les faisant monter au front et en les retirant lorsqu'elles sont trop éprouvées, tout en assurant le ravitaillement par une noria de véhicules. Mais Pétain envisage le pire : dès le 3 mars, il conçoit un plan d'évacuation.

    Finalement, le généralissime Joffre lui retire son commandement pour le confier au général Nivelle, dès le 1er mai 1916 et jusqu'à la victoire en décembre 1916. Deux mois de commandement pour Pétain et 7 mois et demi pour Nivelle, lequel relance l'offensive française dès le mois de juillet.

    Nivelle, par la suite, se déconsidère totalement aux yeux de Joffre et du gouvernement, lors de ses offensives assassines au Chemin des Dames en avril 1917. Ce qui conduit à d’innombrables mutineries sur le front et d'être remplacé par Pétain le 15 mai 1917.

    Nivelle déchu, il faut des lauriers célébrant un général providentiel, en occultant pour les besoins de la cause que celui-ci n'a pourtant commandé que 2 mois et jamais mené ses soldats à la victoire. C'est aussi l'heure de resserrer les rangs, de remettre au pas les régiments mutinés.

    Quand le gouvernement remet à Pétain la grand-croix de la Légion d'honneur, le 29 août 1917, pour des questions politiques, on ne va pas clamer qu'il a stoppé les mutineries. C'est donc officiellement le "vainqueur de Verdun" qu'on célèbre. Cette qualité figure en toutes lettres dans la citation qui accompagne cette décoration.

    Sitôt la guerre finie, Verdun occupe dans la mémoire des combattants et dans la mémoire nationale et son "vainqueur" une place privilégiée.

    Les années plus tard, des spécialistes d'histoire militaire tentent bien de dire la vérité sur le personnage. Or, deux millions d'anciens combattants et la France toute entière, ou presque,  se sentent reliés à Pétain. La nation en fait un général en chef des armées, puis un ministre de la Guerre. Il est devenu à la fois un militaire et un homme politique d'importance.

    Lorsque Pétain renverse la République le 11 juillet 1940, s'octroyant tous les pouvoirs et le titre de Chef de l'Etat français, il est toujours adulé comme le vainqueur de Verdun qui fait "don de sa personne à la France".

    On connait la suite [.sives ?] de part et d'autre, toutes aussi meurtrières les unes que les autres. Dans son livre, le tonnelier Louis Barthas, natif de l'Aude, décrit ce dont Paul Valéry écrira: "la guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais qui ne se massacrent pas". Louis Barthas donc décrit les combats autour de la cote 304: "Elle était disputée comme si elle contenait en ses flancs des mines de diamant. Hélas, elle ne contenait que des milliers de cadavres déchiquetés et pulvérisés".

    Une fois de plus voilà comment se créent des légendes que l'on n'a pas le courage ensuite de remettre en cause et permettant de glorifier et surtout dans le cas présent d'atténuer la portée d'actes criminels aux conséquences incalculables

     

     


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